mercredi 4 juin 2014

Mayotte en Danger / LE « COUX » EXCESSIF DE LA REFORME DES RYTHMES A MAYOTTE

Un vice-recteur s’en va en laissant l’île dans l’indifférence et le découragement. Si les deux années passées sont finalement marquées par des intentions volontaristes, en particulier dans le domaine de la construction scolaire, on doit néanmoins regretter l’autoritarisme qui perdure de la part d’un État trop centralisé pour autoriser des adaptations locales de bon sens : le monolithisme d’une réforme des rythmes scolaires imposée à la hussarde en atteste.
Rien de nouveau sous le soleil de Mayotte qui , si elle ne croit pas plus que la métropole au Père Noël, en a assez de la prétention et du mépris affiché par ces pères fouettards que Paris nous envoie.  




Que François Coux, vice-recteur de Mayotte, a été moins lyrique que son prédécesseur Perrin, à propos de l’utérus des Mahoraises et de l’accent des îliens, c'est sûr... la barre était trop haute. Mais pas au point que la presse et les médias locaux en soient à lui tresser des colliers d’adieu ! Voilà que nos journalistes retombent dans l’absence de sens critique et leur fâcheuse manie de passer la brosse aux autorités, ce qui est d’autant plus gênant que les wazungus (métropolitains) sont surreprésentés dans la profession. L’un de ces médias, toutefois, KwéziFM et télé, s’est particulièrement distingué, dans un passé proche, et dans des affaires plus que délicates puisque mettant directement en cause la gendarmerie impliquée dans un trafic de stupéfiants et la mort d’une jeune fille de 18 ans. Il était pourtant plus courageux d’attaquer les gendarmes que de critiquer le dogmatisme de l’Éducation Nationale, qui plus est, s’agissant de la lamentable réforme des rythmes scolaires.     




            Si la critique foncière de la gestion jacobine sinon « colonialiste » (et c’est à peine caricatural de le dire ainsi) suivie de l’obéissance servile démontrée par les hauts fonctionnaires relève d’une opinion, ce n’est pas pour autant que les médias doivent se limiter à un rôle de courroie de transmission. La population, ultramarine ou non, n’a plus à gober une propagande d’État insincère dont la finalité consiste seulement à faire admettre ou oublier les boniments initiaux, la traîtrise et les parjures de gouvernance ordinaire qui en découlent... Mettra-t-on un jour au rebut ces pratiques politiques dépassées ?  



            Dans cette logique, comme tous les « grands commis » et autres « serviteurs » zélés de l’État, le vice-recteur, pourtant issu du corps des chefs d’établissements de Mayotte, ne sert qu’à faire redescendre autoritairement les décisions de Paris. Comme tous, il ne fera pas remonter les attentes propres au territoire et ses interventions sont banalement émaillées de mensonges éhontés.

            Son dernier bobard concerne son départ de Mayotte nié pourtant catégoriquement quelques jours à peine avant que la mutation ne soit confirmée. L’avant-dernière dissimulation concernait le nombre de communes qui embrayent sur la réforme des rythmes (mauvaise sur bien des points / voir les articles antérieurs)... Se gardant bien d’en donner les noms au prétexte qu’il n’avait pas à distribuer des mauvais ou bons points, monsieur Coux a en effet prétendu que huit communes se lançaient en 2014 et qu'il suffisait d'ouvrir le site du vice-rectorat pour savoir... Un mensonge supplémentaire puisque rien n’est dit sur le chiffre allégué. Or le grand succès à Mayotte de ce chambardement au sujet duquel on se garde bien de faire connaître les aménagements apportés par le nouveau ministre Hamon (2) tient au chiffre 2 parce que les municipalités ne seraient que 2 (dont Chirongui) à adopter la réforme alors que les 2 communes du Nord déjà engagées font plutôt grise mine.

            Le mois de juin verra peut-être le dernier coup de Coux pour tordre le cou à ces enseignants qui partent avant la date des vacances et reviennent après la rentrée... si ce n’est pas le vice-rectorat qui délivre des billets (à coût exorbitant) en dehors de la période de congé. Dans tous les cas, l’éleccicon (3) qui y gagnerait beaucoup ne jalousera pas la promotion que courent les courtisans sans courage de notre démocratie dévoyée !

            Bon vent, monsieur Coux.   



(1)    Rappelons que la remise en question des décisions arbitraires et impératives de la hiérarchie relève, chez les fonctionnaires, d’une faute professionnelle. Remarquons aussi comment la pyramide centralisatrice phagocyte ses aspirants provinciaux qui, à l’image des janissaires du pacha, en deviennent les plus virulents défenseurs... Ne dit-on pas que les enfants battus deviennent des parents qui battent ?

(2)    La possibilité notamment d’une semaine scolaire de huit demi-journées avec regroupement du périscolaire sur une seule après-midi... les parents pourront donc partir en week-end le vendredi dès 11 h 30... Alors que Peillon voulait "que les enfants aient des journées moins longues et moins fatigantes", ce qui est sûr est que le temps d’enseignement peut encore diminuer d’une heure pour passer à 23 ! Ne nous étonnons pas, dans ces conditions, d’une baisse du niveau toujours plus marquée !  

(3)    Eleccicon = électeur + citoyen + contribuable.