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samedi 29 juillet 2017

LA DÉMOCRATIE CONFISQUÉE / France en Danger

"... Et sur la liste des grandes puissances occidentales qui se veulent les chantres de la démocratie, la France n’a rien à envier à son voisin d’outre-Atlantique. Pire, elle serait peut-être l’un des pays dans lesquels les valeurs démocratiques ont le plus reculé ces derniers temps ; en novembre 2016, un sondage Ipsos-Sopra Steria révélait que 77 % des Français interrogés étaient conscients de ce déclin. Dont les causes sont, pour la plupart, connues — et, donc, non atténuées : élus trop corrompus, élections qui ne changent rien, augmentation de l’insécurité et des zones de non-droit..."

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/des-etats-unis-a-la-france-en-195427


Et nos médias d’État ne sont que de vils propagandistes ! 

Que penser en effet de la journaliste du matin à france info éructant "... la démocratie vous remercie : elle se porte bien..."  ! 

Que penser de ces présentateurs photogéniques sans plus qui osent nous faire avaler qu'il y a moins de chômage alors qu'on compte 3900 chômeurs de plus en juin et que rien n'est dit sur les 319 000 radiés d'office

Je les ai entendus les journalistes de la CSSR d'avant la chute du communisme ! Prolongements d'un pouvoir autoritaire et parce qu'il n'était pas permis de ne pas les croire, ils prenaient un ton sinistre pour annoncer les progrès et les chiffres du plan dépassés... Finalement était-ce plus hypocrite que le ton d'une Marie-Sophie qui fait honte à Perpignan sa ville d'origine ou celui de Julian le beau brun en symbole de la jeunesse et du dynamisme français actuel ?   

samedi 22 juillet 2017

Petite chronique des années 50 / Fleury en Languedoc

Petite chronique des années 50. 

Franou et Michel, son petit garçon sont venus à la maison quand tu es né.

Ce petit, plein de malice, s’adresse un jour à son père instituteur :
« Papa, le garçon que tu as puni, il a dit un gros mot, il a dit "putain"... Il faut pas le dire "putain"... Pas vrai, papa, qu’il faut pas le dire "putain" ?
- Et toi, arrêta le père, en attendant, ça fait déjà au moins trois fois que tu le dis ! » 

François Dedieu. 


mardi 18 juillet 2017

Français au rabais comme pour le reste des droits ! / Mayotte en Danger

France Mayotte Matin 11 juillet / focus du jour / Mesure sociale /
« Mayotte bénéficie bien du dispositif «garantie jeune» mais avec une barre fixée à seulement 50 % du droit commun » 

Français au rabais comme pour le reste des droits !

Et pendant ce temps, Ali, un vieux monsieur à 300 € de retraite, qui n'y voit plus, est obligé de séjourner en métropole depuis mars pour se faire soigner les yeux ( 2 allers-retours déjà) !
Mais à Mayotte ce n'est pas un problème car, comme le dirait la vice-recteur à propos des enfants si gentils et patients qu'on peut leur faire subir et la rotation et la réforme (journée de 7,5 h sans les PET !), les grands enfants peuvent d'autant plus se cotiser qu'ils sont souvent nombreux ! 

Un zébu d'Ali s'est fait voler maintenant qu'il n'y est plus pour les garder ! Mais l'insécurité n'est pas pire qu'ailleurs disent nos fonctionnaires patentés... France Mayotte Matin exagère sûrement : 

" FMM 12 juillet / focus du jour / pression migratoire / « Mayotte premier foyer d’immigration de France et premier centre de rétention administrative toutes catégories confondues »

Et aujourd'hui même, le 18 juillet, le journal ne devrait pas affoler le bon et doux peuple des tropiques : 
   

" FMM 18 juillet / focus du jour / insécurité et immigration / «Plus d’un an après le lancement du plan sécurité pour Mayotte le bilan démontre le désastre qui se joue au quotidien»" 

Un ressenti certainement. Vous voulez ressentir le paradis ?
Venez donc à Mayotte, un paradis, pour ceux qui y croient du moins, c'est moins loin... puisqu'on y crève plus vite et plus dépouillé qu'ailleurs en France !

dimanche 16 juillet 2017

RACISTES, LES MAHORAIS ! / Mayotte en Danger !

Faire respecter la propriété privée dans un pays de droit et en vouloir aux autorités parce que la loi protège davantage des occupants illégaux légalement incrustés pour des années, c’est être raciste ! L'est-ce aussi d'exiger d'être soigné à hauteur de ce que peut offrir un pays dit "civilisé" ?

J’en connais un autre de raciste, un instituteur qui plus est ! Voilà quelques mois, il a été piqué par une scolopendre et si la piqûre est particulièrement douloureuse avec la partie touchée qui reste enflée, pour lui cela fut plus mauvais puisqu’une nécrose des tissus en a résulté. 

Hospitalisé à Mamoudzou il a attendu 3 jours avant d’être traité et le mal prit le dessus par rapport à des soins trop intermittents. La nécrose progressant, notre patient exigea de signer une décharge pour partir, à ses frais, à la Réunion... Les risques d’y laisser la paillasse y étant moindres qu’à Mayotte... La gravité des lésions a nécessité une greffe de peau. Il a fini les trois derniers mois de l’année en arrêt-maladie... 

En 1996, Stéphane, un voisin, piqué par un poisson-pierre fut évacué sanitairement et sans délai à la Réunion...
Doit-on en conclure que, plus de vingt ans plus tard, loin de s’améliorer, les conditions de vie et de soins se sont dangereusement dégradées à Mayotte ?
Doit-on considérer que LE DEVOIR D’ACCUEIL DES IMMIGRÉS doit passer avant les DROITS DES citoyens ? 

Faut-il toujours, avec force paperasse et en supportant les frais d'une mutuelle, faire valoir ses DROITS alors que les DEVOIRS, eux, sont automatiquement imposés, pénalités à l'appui ? 
 
RACISTES, LES MAHORAIS ? Dans ce cas, je le suis aussi !!! Et tant pis si la télé veut me faire pleurer avec ses réfugiés du jour !  

PS : en juin dernier, un directeur d’école est parti à ses frais (voyage et séjour), à la Réunion se faire soigner les reins. Malheureusement pour lui, le matériel étant en panne on lui a dit de revenir au mois d’août... Un pays se targuant d’être la 5me ou 6me puissance mondiale s’avère pourtant incapable d’assurer la continuité territoriale, ce qui, en parlant de santé, s’apparente à de la non-assistance à population en danger !  

PS2 : et comme par hasard une seule photo autorisée... celle du premier hôpital à Dzaoudzi datant de la France des colonies... et si je la mettais certains esprits très républicains, eux, considèreraient que c’est forcer le trait et argumenter à charge !

PS3 : est-ce un hasard si depuis deux ou trois ans, les ONG « droitsdel’hommistes » restent particulièrement silencieuses à Mayotte ? 

PETITE CHRONIQUE DE MA FORÊT PERDUE... / Tchécoslovaquie / Jiřina Burketova

C’est vrai que les gens du pays connaissent les coins. Certains venaient pourtant en voyage organisé : le bus se garait même en lisière de forêt mais quand ils en portaient un ou deux kilos, nous, nous en ramenions dix ! Maman me disait « j’ai besoin d’un ou deux cèpes pour la sauce » (" Potrebuju jednu nebo dvě hriby na omáčku" ? ) ... Elle les avait en temps voulu... 

Jiřina Burketova. 




jeudi 13 juillet 2017

François TOLZA / ADORACION (6) / Sur la piste d’une plume qui le vaut bien !

En septembre, ce sera un plaisir de reprendre toute la partie sur les vendanges même si la recherche sur la « moussègne » en a décrit certains aspects... (voir 3 novembre 2016)
https://dedieujeanfrancois.blogspot.fr/search?q=Tolza

Revenons plutôt à ces destins croisés : Lucien, ses parents, surtout sa mère, le Corse qui a une relation cachée avec Adoracion. Manquent le Nègre qui, depuis l’affaire, en veut à Lucien ; et Faustin, la force de la nature portée sur la boisson qui, à force de se l’entendre dire, pense de plus en plus à Adoracion.
Lucien s’est fait embaucher à la coopérative où jusqu’à la nuit, les charrettes attendent de vider. Un wagonnet qui verse par accident et le Nègre s’en prenant à Lucien tombe dans la conque du fouloir.
Entre Lucien et Claire, le lien reste fort, les jeunes gens aimeraient se revoir. Pour carnaval, profitant de l’anonymat du déguisement, Lucien fait danser Claire mais doit finalement fuir les villageois décidés à tomber son masque.
Après Pâques, sa mère arrive, rassérénée par la nouvelle qui court sur Adoracion, enceinte de trois mois. Lucien, plus embêté que réconforté par cette suite à l’histoire, reste froid ; il annonce qu’il part retrouver Claire ; le pèlerinage à l’ermitage de Saint-Antoine, dans les gorges du Daly, lui en donne l’occasion. Ils sont d’accord pour partir ensemble, un jour... 

Après un printemps chaud, les grappes s’allongent, maigres de quelques grains et l’orage de l’été n’y changera rien. Le village, lui, se retrouve plus exposé aux éclairs et au tonnerre.
Faustin s’ivrogne avec le Nègre et parle de se marier avec Adoracion, la "putain", mais sans prendre le Corse, son "maquereau". Le Nègre rumine sa vengeance sanglante tandis que le Corse ne veut plus prendre sa femme Philippine tant il désire Adoracion qu’il court rejoindre malgré le déluge. 
Le train de cinq heures siffle en quittant Sainte-Marie. Une main forte se mêle à des doigts plus fins pour frotter la buée sur une vitre du wagon... « Ni Claire, ni Lucien n’avaient pensé à baisser la vitre. »

La mention « Alexandrie 1941 - 1942 » clôt cette longue nouvelle, ce petit roman, cette novella... comment nommer ton ouvrage de 152 pages ?
François Tolza tu es donc loin du décor, d’une l’ambiance villageoise que tu connais trop bien. En 1942, l’Afrikakorps de Rommel est à peine à 200 km d’Alexandrie et cela ne t’empêche apparemment pas de faire revivre Sainte-Marie des Corbières, cette localité inventée parce que tu as la prudence, même depuis l’Égypte, de ne pas provoquer un retour de bâton : le qu’en-dira-t-on irascible, si typique des villages du sud est sans pitié !
Tu dis "Corbières" mais les seuls reliefs dont tu parles sont les Aspres... et comme par hasard tu ne souffles mot du Fenouillèdes... Et ces canaux d’irrigation de la plaine grasse le long desquels tu fais courir le Corse, sont-ils ceux de la Têt, ou de l’Agly et de la Boulzane ?
Tu dis "Sainte-Marie", on pense de suite à la Salanque mais le « saint » est peut-être pour Saint-Paul-de-Fenouillet car tu connais trop bien la route qui monte à l’ermitage de Saint-Antoine-de-Galamus, au pied de cette barre des Corbières, justement, sans nom, qui court pourtant de la Forêt des Fanges jusqu’au château de Quéribus en atteignant plus de douze-cents mètres d’altitude, le Pech de Bugarach, point culminant des Corbières en faisant partie ! Tu y fais pédaler Lucien, ton personnage principal qui monte retrouver Claire. Tu précises que le Daly sort de ces gorges de Galamus, alors ce ne peut être que l’Agly : une seule lettre en plus et ce couple de voyelles "a" et "y" m’avaient mis sur cette piste je crois...  
  

Tu parles des garrigues, un écosystème caractéristique des milieux calcaires or les chênes verts calcifuges poussent dans les Aspres principalement schisteuses (peut-on parler de "maquis" ?). Autour de St-Paul-de-Fenouillet, deux tènements portent le nom « La Garrigue ». Dans le même ordre d’idées, on trouve, du côté de Caudiès-Fenouillèdes, les gorges de Jaume, prénom que porte le père de Lucien, et encore un pont de Rec Nègre, l'adjectif « nègre » signifiant « noir » en occitan et en catalan).
Quoi qu’il en soit, pour tâcher de retrouver ta trace en cherchant d’abord le long de ce sillon du Fenouillèdes, il faudra relire tous ces noms de vignes qui fleurissent tes lignes. On pourrait juger que 152 pages c’est peu.  Certes mais de grande qualité tant pour les descriptions ciselées, les caractères fouillés, que pour la bonne connaissance de la monoculture de la vigne, la mentalité campagnarde bien sentie. 
    

Lire « Adoracion » c’est faire tourner entre ses doigts un grenat du Canigou dont les facettes brillent toutes d’un éclat unique. Les mots de François Tolza présentent des facettes si éblouissantes que l’artiste, aurait-il créé un seul bijou, doit sortir d’un anonymat à peine dévoilé, sur l’autre bord de la Méditerranée, par une Revue du Caire, aussi exotique qu’inattendue, dans un contexte historique très particulier.    

http://www.cealex.org/pfe/diffusion/PFEWeb/pfe_002/PFE_002_024/files/pfe_002_024_w.pdf  

crédit photos commons wikimedia : 
1.Gorges de Galamus et ermitage de Saint-Antoine. Auteur Vassil.
2. Saint-Paul-de-Fenouillet. Author Babsy.       

lundi 10 juillet 2017

François TOLZA / ADORACION (5) / Le temps n’est plus...

   

Les colles, ces équipes de vendangeurs (coupeuses, seaux, porteurs) sont formées et n’attendent que le jour que le patron choisira.

L’auteur nous transporte chez Claire dont le père est propriétaire.
Ambiance : « ... Au repas du soir, les femmes attisaient l’impatience des hommes. Elles en avaient de bonnes, les femmes ! Pour un raisin qu’un coup de soleil avait molli, la récolte s’en allait... /... 
- Oui, oui, le degré c'est bien beau, mais plus que 14, ça ne se paie pas... et tu apporteras de la confiture... comme toujours... »

Les hommes se veulent confiants mais personne ne peut être sûr :
«... Ils étaient tous d’accord pour dire que le temps était de choix, mais, au fond d’eux-mêmes, couvait la peur d’un raisonnement erroné. Le temps, c’était l’inconnu de leur problème que, jusqu’au ticket de la bascule de la cave coopérative, ils n’étaient pas sûrs d’avoir résolu. Ils le connaissaient bien le temps : avec leurs yeux qui savaient suivre le vent très haut au-dessus des arbres, même quand il n’y avait pas de nuages pour en mesurer la marche : avec leurs oreilles et leurs joues plus sensibles plus sensibles que la paume de leurs mains ; avec leurs genoux qui décelaient à journée le vent marin ; avec toutes les maladies dont leurs corps étaient perclus... »

La problématique est au moins double, sinon multiple. Celle du temps, d’une menace à laquelle on peut échapper quitte à rentrer moins de degré, à moins qu'on ne l'affronte pour perdre beaucoup ou courir la chance d'une récolte plus titrée. Celle, plus liée à notre nature d’êtres sociaux rassurés d’agir comme les autres... Alors quel caractère, quelle personnalité à part, quel esprit d’initiative va se décider à partir pour sa première journée de vendanges pour que les autres suivent, au compte gouttes puis en nombre ? 

Et maintenant, bien que né sur les bords du Golfe du Lion, essayer de prévoir le temps demande un effort presque vain puisque l’alternance des vents, leurs forces, leurs fréquences ont sensiblement changé. 
Avant, la mer, plus chaude, appelait le Cers, communément nommé "vent du nord". Un dicton précisait que ces périodes de vents très forts (des wagons ont été renversés !) pouvaient durer 3, 6 ou 9 jours. Plus léger et se levant le soir, il annonçait un temps de plage avec un gentil marin (Sud-Est) tournant vers onze heures et un vent d'Espagne (Sud) soutenu au cours de l'après-midi mais cédant en fin de journée. Trois périodes de quelques jours suffisaient à marquer un bon mois.
Tout a changé et les locaux ne sauraient dire aux estivants si le sable va voler ou s'il va faire un temps de mer... Cet été, les vents marins soufflent plus souvent. Et quand on croit que l'humidité accumulée va tomber en orage ou en grosse averse, c'est à peine s'il tombe trois gouttes ! Est-ce parce que l’intérieur des terres s’est plus réchauffé ? Le fait est que la température a grimpé de 1,5 degré en 30 ans et que l’évolution sur la présente décennie n’est pas pour nous rassurer,nos plages seraient-elles plus agréables et accueillantes.  
       
   Météo France précise que ce réchauffement est plus marqué au printemps et en été, que les précipitations diminuent (sécheresses plus marquées) ainsi que la période d’enneigement en moyenne montagne. 
Au bord de la mer, les écarts sont moins marqués que dans l’intérieur de l’Occitanie qui a encore subi des chaleurs caniculaires ces derniers jours...

dimanche 9 juillet 2017

CHRONIQUE DES ANNÉES 30 / Fleury d'Aude

   

Petite chronique des années 30. 

« Bonjour madame. Fa bô èh ! »
C’est le salut habituel de Rafaela, la maman de mon copain Angel. Nous sommes à côté au CM1. Du maître qui ne met pas de gants pour lui envoyer des gifles, il dit :
« S’en lassara avant ièou ! » 

 François Dedieu / Saint-Pierre-la-Mer ce 6 juillet 2017. 

Photo : papa est en haut, à gauche. 

samedi 8 juillet 2017

François TOLZA / ADORACION (4) / Presser les grappes et les corps...

A lire :  http://www.cealex.org/pfe/diffusion/PFEWeb/pfe_002/PFE_002_030_w.pdf

Approche des vendanges. Le Corse éclaircit la végétation : 

« ... De ses mains et de ses pieds, il écartait les longues ramures des ceps bien nourris de terre grasse et d’eau claire. Leurs bras montaient haut, quelquefois à hauteur d’homme, se terminaient par les petites mains pâles des feuilles nouvelles... »  

« ... L’hiver, elles suffisaient, ces lignes (roseaux), à lacérer le vent en mille bandes hurlantes. Et son poing lourd à assommer un bœuf, à arracher un arbre, passait au travers. Et il en ressortait mille petites mains d’enfants, pleines de remous qui ne faisaient qu’agiter les feuilles... »

« ... Seule, la charrette, au beau milieu, attestait du vieillissement du matériel avec les rayons de ses roues où la boue collait et ses brancards abattus comme des pattes paralysées où les harnais avaient fait des évidements luisants... » 


 
Dans ce nouvel épisode, si on peut voir des pieds, des bras, un poing, des mains, des pattes, nous voyons le Corse travailler dans la plaine où les haies de roseaux forment des coupe-vent efficaces. L’auteur le dit plus à l’aise dans les Aspres. Cette petite région naturelle qui forme le contrefort oriental du Canigou, entre le Conflent et le Vallespir, éloigne d’autant plus des Corbières qu’après le sillon de la Têt, se dresse encore le Fenouillèdes. Il est question d’un canal certainement d’irrigation dans cette plaine fertile où deux villages en bordure se nomment Corbère et Corbère-les-Cabanes.

Le Corse a donné rendez-vous à une femme ; le lecteur comprend vite qu’il s’agit d’Adoracion ; il apprend aussi qu’elle est belle, avec un corps superbe.

Préparation des vendanges : « ... Les comportes s’épaulaient, alignées, le long des façades, ou s’empilaient autour de l’humidité des pompes. On défaisait les seaux rentrés les uns dans les autres et collés ensemble depuis la dernière vendange. Avec les "masses", faites d’une branche de chêne prise avec un nœud terminal, et la collerette de fer blanc dont on pare les comportes pour les remplir, c’était, à peu près, tous les instruments du sacrifice... » 

On vendange en chapeau, et pour ma grand-mère, avec la caline.
 
Hormis la masse, plus "manufacturée", pour quicher le raisin et cette collerette de fer blanc, la préparation des vendanges au début des années 60 ressemblait beaucoup à celle décrite par François Tolza. 


Petite vendangeuse qui quiche !

jeudi 6 juillet 2017

François TOLZA / ADORACION (3) / 1907. Hauts et bas dans la viticulture.

Lucien a fait ses études à la ville (l’auteur craint de la nommer... Perpignan ?). Il prête ses livres à Claire, d’une instruction comparable, qui est bien la seule à fréquenter dans le village. Tolza dresse un tableau de la société, des quelques riches qui ont peur de tous ces pauvres, des pauvres qui, une fois les élections passées, sont trop pris par la vie qu’ils endurent pour avoir l’idée de se révolter, ces mêmes pauvres qui ne supportent pas qu’un des leurs réussisse.  

«... La vigne les pliait à nouveau vers la terre ingrate, nouait leurs genoux, durcissait leurs cœurs. Leurs vies puisaient à la même source de misère et leur consolation se contentait de peu... /... Il y avait eu, dans le temps, des années de désastres. Le phyloxera d'abord qui avait jauni les vignes comme un mauvais vent. On en gardait le souvenir d'un combat à armes inégales ou d'une malédiction. Peu à peu, les ceps avaient dépéri, toutes feuilles ratatinées comme celles des choux montés. Il avait fallu tout arracher, tout replanter, attendre les premiers rendements... Puis vinrent les années de vin aigre. Ç'avait été, durant des semaines, des vendanges sous la pluie, dans un demi-jour morne. La récolte abondante commençait à sortir des tonneaux que, comme un feu follet, le cri naissait au fond des caves :
- Le vin se pique ! Le vin se pique !
Les rigoles, pendant des mois, déversèrent vers le Daly un flot rouge où les moisissures faisaient des îles de corail. Jusqu'à la dernière cuve, la vendange coula, narquoise au seuil des portes, vomie comme un vin mal digéré. Aux approches du village, la même senteur veillait... »  


  L’auteur situe son intrigue au début du XXme siècle, peut-être évoque-t-il 1907 :
 

«... Puis il y eut de longs cortèges dans tous les pays de vignobles ; de grands drapeaux rouges battirent aux vents leur protestation contre le vin à deux sous... /... Elle avait le souvenir des trains pris d'assaut par des troupes que la misère enrôlait sous les mêmes oriflammes... /... Il y eut des années maigres et des années d’abondance, des hauts et des bas, des hauts surtout qui donnèrent le coup de grâce... »  

  

En ces temps troublés, quelques uns achètent des vignes à bas prix, quitte à emprunter, rendant jaloux les plus frileux qui en arrivent à leur souhaiter une mauvaise récolte.

  

Tolza présente ensuite Adoracion, de son vrai nom Angélique, née de vendangeurs espagnols qui n’avaient pas voulu repartir chez eux. Le père, ivrogne, finira mal :
«... Une nuit de mars, une auto le faucha à la sortie du café dont la porte s’était refermée rapidement sur le froid de la route... ».

Chez le percepteur, madame Bastide incite celui-ci à se débarrasser de son employé, après ce qui est arrivé.
Quelques traits sur le percepteur :le village raconte qu’il décolle les timbres non oblitérés pour les réutiliser
«... En lui subsistait la parcimonie du « montagnol » ariégeois... »  

mercredi 5 juillet 2017

François TOLZA / ADORACION (2) / Espagnols, mountagnols, commérages...

Dans sa chambre, Lucien songe tandis que :
« les platanes de la placette respirent la nuit avec un bruit fluide de feuilles... »
«... En bas, dans la vallée, miroite le filet d'eau du Daly que l'été finit de boire...» 
Le Daly serait-il une interprétation de l’Agly, fleuve côtier venu des Corbières ? 


Il s’en veut de s’être mis à l’écart des misères des hommes.
« Il les aime parce que, dans ce pays, l’acharnement du ciel et de la terre à détruire leur bonheur a quelque chose de tragique ; que s’abat, au milieu de l’été brûlant, l’orage de grêle qui dévaste, aussi imprévu, aussi subit que le destin : que s’installe et dure et persiste encore, jusqu’à la cruauté, la canicule impitoyable dans un ciel innocent ; que la tramontane défait, d’un geste délibéré et en plein ciel, les plus belles promesses de récoltes, cueillant les fleurs et les épandant sur le village désolé comme une dérision... »

« ... La promenade, elle, amarrée au bord du Daly, avait l’air d’une de ces bâches vertes dont les rouliers « ariégeois » recouvrent les charretées de foin quand ils descendent de la montagne... » 


C’est vrai qu’avant les Espagnols étaient les mountagnols, ceux qui descendaient dans la plaine pour les grands travaux, moissons vers le Lauragais, vendanges chez nous vers Narbonne, commodément appelés ainsi parce qu’ils venaient des montagnes, du Massif Central ou des Pyrénées, qui bordent notre amphithéâtre méditerranéen.

  

On apprend que Lucien travaille chez monsieur Bastide le percepteur et qu’il a Claire... 
«... fiancée découronnée qu’un destin aveugle vient d’anéantir parmi ses rêves... »
Un jour de fin d’été, au cours d’une balade, il vient de cueillir des raisins :
«... On y voyait de vieilles souches, musclées comme des bras, barbues, nourries de terre saine. Les raisins, portés haut, préservés des dangers du sol, étincelaient au soleil. Il y avait des grenaches serrés comme des poings noirs, des picpouls aux teintes de pigeon, des muscats dont les grains avaient la transparence des prunelles claires... » 
C’est alors qu’il croise Adoracion, la petite simplette qui travaille chez le Corse, le mari de Philippine, revenant elle aussi avec un panier.
On dit qu’il aurait abusé d’elle. 

Sa mère doit résister aux commérages perfides :
« ... les bonnes (nouvelles), on y intéresse le plus de personnes possible, au grand jour. Les mauvaises on n’a pas l’air de le dire, on les enrobe comme des pilules ; on tâche à les ouvrir sans les déflorer... »
«... Non on ne lui dirait pas :
- Ton fils est un foutu vaurien.
C’eût été trop beau cette bataille.
Mais plutôt, chez l’épicier, au milieu de la place, là, cernée de regards, ou peut-être dans le fournil du boulanger :
- Ce n’est pas vrai, Nane, ce qu’on raconte. Que les gens sont donc méchants... » 

     

Suivent six pages qui expliquent le mariage de Nane avec Jaume, la façon dont ils articulent leur ménage, la petite qu’ils ont perdue, tout ce qu’elle a fait pour que Lucien échappe à la terre. 

 

Photos autorisées : 
1. Agly Author The original uploader was Leguy at french Wikipedia. 
2. Fabien grenache noir.  
3. picpoul noir Author Vbecart 
4. Muscat_blanc_et_Muscat_noir Auteur Jean-Marc Rosier

mardi 4 juillet 2017

LA REVUE DU CAIRE / ADORACION - François TOLZA / Un village du Roussillon. .

   


En novembre dernier, je vagabonde dans un exotisme encore concret en mai 1945. Vagabondage vu qu’en cherchant « moussègne » (1) je ne retrouve nos vignes du Sud que grâce à une revue égyptienne. L’exotisme, lui, bien qu’empreint encore de la vogue des orientalistes, nous laisse, avec le recul, l’impression d’un monde fossile à l’agonie. Au paternalisme colonial, a succédé une prédation des Occidentaux pour le pétrole et le gaz. La naphte âcre a remplacé les senteurs musquées de l’Orient, la hantise du cancer la fumée parfumée des tabacs du roi Farouk. Une faune d’Anglais affairistes, de Français guindés, de Grecs obséquieux, mêlée d’espions et d’aventuriers, tolérant l’élite locale et regardant de haut le fellah, demeure. Hitler s‘est suicidé, l’Allemagne est désormais aux abois, la menace de l’Afrikakorps n’est plus qu’un mauvais souvenir pour les résidents. 
   

Tous les mois, la Revue du Caire, imprimée à l’Institut Français d’Archéologie, apporte, pour douze piastres, sa centaine de pages de culture. La participation de François Tolza (2) date du numéro 76, en mars 1945, sous un simple titre « ADORACION ». 

Parce que la vie dans nos vignes nous marque à jamais, les pages de cette nouvelle, de ce roman peut-être dont rien n’est dit, s’apprêtent à défiler sur l’écran. Et déjà à la deuxième ligne, une de ces images à cueillir avec envie : 
« ... Et avant que les cloches n’aient fini de s’égoutter sur les toits de Sainte-Marie-des-Corbières... ».
Sainte-Marie-des-Corbières ? Un nom inventé... Il y a bien Sainte-Marie-de-la-Mer dans les Pyrénées Orientales (dépt. 66), il y a bien les Corbières derrière, qui ferment la plaine mais Sainte-Marie-des-Corbières ? L’auteur semble vouloir ménager les susceptibilités...
Les gens soulèvent les rideaux pour voir qui passe dans la rue :
« - Voilà la Philippine qui court "aux provisions".
  


A Fleury on disait plutôt « aux commissions ». Et les femmes, de tous âges, bien méditerranéennes, vétues de noir, ajoutent à la fermentation des ragots sans jamais se sentir coupables du mal qu’elles insinuent, tant elles ont toutes rajouté leur venin.    

Pour Philippine, aller aux provisions, c’est une joie « ... la seule qu’elle eût avec l’excitation que donne le café... ». Sans haine comme sans amour, cette femme est d’une curiosité maladive, aussitôt désireuse de dénouer la moindre nouvelle encore peu claire. Sous des semblants aimables, familière, rien ne l’arrête quand elle a un commérage en tête, le lancerait-elle à une personne concernée :
« - Ce que j’en dis, c’est par ouï-dire. Et puis, je ne voudrais pas te faire de peine, Louise... »
A cinq heures Lucien est entré dans un casot (un cabanon) avec Adoracion : « C’est Titou qui les a vus, des Oliviers. » C’est que ce Lucien a fréquenté sa fille, pas longtemps mais la petite en a été malheureuse et comme les belles-mères elles, s’étaient si bien entendues, les moqueries n’ont pas manqué.
Et Louise qui doit aller à la pompe, avec sa cruche, tandis que le chevrier suit ses bêtes dans les garrigues rousses.
 


A Fleury aussi, le troupeau du village partait ainsi brouter jusqu’au soir où, au fur et à mesure, chaque chèvre retrouvait son logis. Céline, ma grand tante, en avait... Ils avaient du lait dit maman... Ils ont invité la famille pour le chevreau de Pâques... Ma mère n’a pas trop mangé... L’oncle Noé en a déduit qu’elle attendait un petit et c’est vrai que huit mois plus tard, au jour près, j’arrivai...     

Si quelqu’un peut nous parler de François Tolza, qu’il n’hésite pas !
A suivre mais allez lire l’original plutôt que ma resucée :
http://www.cealex.org/pfe/diffusion/PFEWeb/pfe_002/PFE_002_029_w.pdf         

(1) https://dedieujeanfrancois.blogspot.fr/search?q=Fran%C3%A7ois+Tolza
(2) Régis du même nom, le copain de fac à Perpignan, je te salue ! 


Photos autorisées : 
2. qurush égyptien 1944 à l'effigie du roi Farouk, pièce hexagonale. Auteur Abubiju 
3. vieille devanture d'alimentation, Fabrezan Corbières. 
4. King Rove_garrigue1.JPG Auteur Roland Darré.

samedi 1 juillet 2017

LES MUSCLES, C'EST QUE C'EST BON AVEC LE VIN BLANC ! / apéritif Méditerranée

" Viens, on ira aux tenilles (1) ! "

Tu as porté un vin blanc. Personne sur la plage, seulement le tracteur qui ratisse méthodiquement. Tu me dis qu'on est les premiers à fouler la virginité retrouvée du sable ! Belle jambe de bois que cela nous fait car à neuf heures donc sept au soleil, pas question de quitter le pull ! Et en prime ce vent du diable ! Et la mer qui s'est bien refroidie ! Les canicules de juin semblent loin... On se mouille jusqu'aux cuisses manière de teniller un mètre ici, un mètre plus loin, mais ces satanées vagues qui appellent le marin nous mouillent jusqu'aux parties sensibles de nos anatomies ! Et puis rien sinon des graviers, des coquilles mortes !

" Viens va, allons acheter des moules !" que tu me fais ! 
Pas besoin de le dire deux fois ! 

Moules crues, moules cuites... c'est que c'est bon les muscles (2) avec le vin blanc ! 
Un vin blanc à retenir... Quelque chose ce vin pourtant bio mais au goût de vin ! Fort mais par ce temps frais, même s'il monte bien à la tête ! 

" Bourreau tu montreras ma tête au peuple, elle en vaut la peine ! " aurait dit Danton sur l'échafaud ! 
  


    
Peuple, je te montre son cadavre, il en vaut la peine ! Il nous a même fait chanter "Fanchon quoique bonne chrétienne fut baptisée avec du vin..." Et cette bouteille, bien pleine, bien faite, au cul bien marqué, la rendant plus belle encore, même vide ! 
    


Alain, nous retournerons aux tenilles parce que les muscles, c'est bon avec le vin blanc ! 

(1) "telline" rapport aux estrangers (ou "haricot de mer"). 
(2) les moules en occitan ; "Li bèu muscle !" crie la muscleièro, la marchande de moules de Marseille.