Follow by Email

mercredi 31 août 2016

NA HOUBY / Kronika / srpen 2016 / TCHÉCOSLOVAQUIE, Holoubkov ma forêt perdue.


10 / 08 / 2016 V. : « Chtěla bych se zeptat jak to vypadá z houbami na Volduchách předem děkuji. »
10 / 08 / 2016 A. : « proV.: Volduchy včera půl košiku hnědáků za 3 hodiny - více než polovina červivých. Jinak pár klouzků.»
17 : 08 / 2016 T. : « Zbirožsko a Holoubkov. Plné koše praváků - poměrně i málo červivé - jen někdy nohy. Ostatní vč. kovářů - červivé. Také jsme našli i pěkné křemenáče. Je to nádhera. Konečně jsme se dočkali. »
17 / 08 / 2016 J. : « včera Zbirožsko - malinké a zdravé hřiby hnědé, krásné malé babky. Nádherné mladé hřiby nachovýtrusé. Nebylo to v Mýtě ani v Holoubkově. V tomhle lese rostou houby "dýl", a proto teprve začínaí. Ale mělo by zapršet. »
19 / 08 / 2016 M. « Pěkný den všem - nepohybujete se někdo v okolí Zbiroha a nebo Radnic a nevíte náhodou jak je to tam s houbama? Děkuji ."»
19 / 08 / 2016 H. : « pro M. dnes ráno ve Skomelně,no ve dvou 2 košíky,ale už víme,že lepší je to ve Sklené Huti,oboje blízko Radnic. Praváky nádhera,klouzky,ale borováky-hnědé hříbky k pláči. Flíček 2x2 m. 7 hříbků a jen 2 nečervavé a tak se dá říct,že z 80 % všechny eé,u bílých 95% zdravé. Začíná být sucho,tak pospěšte! My tam byli dnes s mužem ,jeli jsme z Kladna! »
21 / 08 / 2016 M. : «Sobota neděle - okolí Strašic. Pohádka: křemenáče, praváci, kozáci, klouzci, kováři - mraky masáků a poddubáků, ty jsou ale většinou červavé. Proti loňsku nebe a dudy.»
21 / 08 / 2016 A. :    « Dnes Holoubkov a okoli překvapivě je dost, i hub hodné, ale hřibů hnědých dostatek (přebytek), dále 50-60 praváků, klouzci, jeden strakoš(a to jen za 3 hodiny tři plnych košika!!!). Z nehřibovitých masáci, holubinky a ryzce. »



23 / 08 / 2016 h. : « Dnes ve Strašicích nádhera, po deštíku roste všechno, i červivost je nižší »
25 / 08 / 2016 m. : « Lesu a houbám -zdrar,kde rostou teď na Rokycansku?díky za zprávu, »
29 / 08 / 2016  K. :    « Pro m. : Na Rokycansku už neporoste ani Prašivka o to se postarám,leda hovno najdeš. »
30 / 08 / 2016 p. : « Právě jsem se vrátil ze svých místeček a dva plné koše hřibů, převážně smrkové, část dobových a pár kovářů. Ale chtělo by to vodu, je dost sucho. Zdravím všechny houbaře. »
31 / 08 / 2016 S. « Pro m. : hodně jsme našli u Radnic, ale je to již týden... ».

počasí v srpnu 2016 :
le 8, grisaille et pluie
le 9, pluie baisse des températures de 28° à 17°
le 10, t° fraîches 18°
le 11, t° fraîches 18° pluie et grisaille
le 13, nuages présents et menaçants dans le sud averses voire orages 26°
le 14, orages en Šumava et Bohême Sud 28° 



LES CONDITIONS FAVORABLES AUX CHAMPIGNONS :
Pokud se chystáte na houby, jděte tam, kde poslední dva týdny opakovaně pršelo
Díky lepším podmínkám vláhy rostou houby více v podhorských lesích s výškou kolem 500 m a výše. Pak i tam, kde se opakovaně v posledních dvou týdnech přehnaly deště.

Source http://tn.nova.cz/clanek/houby-rostou-hlavne-hriby-tvrdi-mykolog-vime-kam-na-ne.html

Ivan K. a mis les photos 1, 2, 3, 4 les 16 et 22 août. 
François Dedieu a pris la photo 5 en 1964 et la 6 en 1970. 

lundi 29 août 2016

ITINÉRAIRE D’UN ENFANT GÂTÉ / le collier de jasmin

Déchirement. À nouveau reprendre la route, partir. Partir... c’est mourir un peu ou réaliser qu’on est vivant ? Cette fois, plus que d’habitude peut-être, pour apprivoiser la tristesse, mieux vaut se projeter en avant, vers la gare, au devant du nez profilé du TGV, jusqu’au bon terminal et le seuil de la porte d’embarquement. Une fois parti, il faut bien aboutir quelque part, arriver si possible puis reposer, laisser retomber sa soupe originelle pour que son consommé redevienne clair, que l’impression de shaker cesse. Alors je me dis que plutôt que de me laisser aller aux états d‘âme, j’aurais dû faire plus attention au gamin qui a voyagé en savates et oublié sa veste. Puis le compte à rebours retrouve ses jours, le jour ses heures, son soleil et sa nuit. La vie continue. Le présent se remet en place et tâche de cautionner son devenir. Mais tout reste fragile : il vaut mieux pour l’instant laisser en sommeil les mots départ, séparation, absence... Et voilà qu’il arrive lui, migrant dans l’autre sens, pour que l’arrachement, le déracinement remontent à fleur de peau pour la terre et les cœurs laissés derrière. Tôt ce matin, il a chargé les valises puis la femme et les gosses. Il n’a pas vu mes au-revoir. Peu importe, il sait. Nous sommes frères. 


Pourquoi le bleu de la baie est-il troublé par ce ton terreux, comme en saison des pluies ? Est-ce déjà la forte houle du Grand Sud annoncée ? Est-ce l’alizé qui pousse ses bataillons de nuages ? Est-ce moi qui m’éteins sans les reflets dansants de ma Méditerranée ? Le soleil joue à cache-cache, aimable de ne pas imposer sa lumière crue : il me ménage en attendant que j’aille mieux, que j’encaisse, que j’accepte, entre autres, qu’il est aussi celui qui fait chanter mon Golfe clair, unique, du Lion, exclusif comme lui. 



Et elle, qui, après le collier de jasmin (1), a privilégié l'ail rose de Lautrec, les salades de tomates, et les a même préparées farcies ? Mon Languedoc, mon village, ma plage de Saint-Pierre sont-ils loin ou à fleur ? 



C’est à peine si j’ose avouer, écrivant cela, que j’écoute "Až Budeš Mojí", un tango... tchèque, murmurant amoureusement et en duo "Quand tu seras mienne...". Sans approfondir ces sentiments à vif, quel pastis entre le Midi, la France d’Europe, celle de Mayotte et maintenant la Tchécoslovaquie d’avant la partition et même de la République (« za Rakouska », de l’époque de l’Autriche, je crois, qu’ils disaient), qui vient me tirer la manche !  
Mon frère de misère, sa femme et ses gosses doivent être à l’aéroport, troisième ou quatrième « ouf » après le réveil, la circulation forcément chargée, la barge surchargée, le trajet jusqu’à l’aéroport... si semblables aux nôtres, à Fleury, à Béziers, à Montpellier, à Roissy enfin.
Une misère toute relative néanmoins même si je me demande si c’est préférable d’être de quelque part ou de porter plus d’un terroir à sa semelle. Nous ne sommes que des migrants, un havre nous attend, dans un sens ou dans l'autre, contrairement aux errants et aux émigrés qui ne reviendront plus (3).
En le voyant lever le camp, et parce que les chansons arrivent à dire si bien les choses que la pudeur nous tend à taire, je cherchais celle de « Partir Revenir » avant de me souvenir que c’est « Itinéraire d’un Enfant Gâté », toujours de Lelouch avec Belmondo. « Qui me dira...», l’air principal. Sublime même si l’amour y est plus décliné comme à recevoir qu’à donner :

«... Qui me dira, les mots d'amour qui font si bien, du mal ?
Qui me tiendra, quand tu iras décrocher toutes les étoiles ?
Qui me voudra, avec le nez rouge et le cœur, en larmes?
Qui m'aimera, quand je n'serai plus que la moitié d'un. ..... ?
La, la, la la... »

https://www.youtube.com/watch?v=mlMAnQn4uHM

Il y en a un, aussi, qui a toujours su rester modeste quant au pouvoir de ses chansons. Il l’a si bien chanté, l’exil, dans son itinéraire d’enfant gâté même s’il n’a pas eu la chance, son chemin s’arrêtant à 42 ans, d’enrichir ce thème des variations que peuvent apporter les années. Derrière le Portugais émigré ou le pauvre que la terre natale n’a pas voulu nourrir, il y a aussi Joe Dassin et son « Village du bout du Monde » est celui de tous les déracinés.

« Le vent s’engouffre dans ma valise et sur ma route il y a des trous.
J’ai vu tant de rues, j’ai vu tant d’églises mais les plus belles étaient chez nous.
Mon village est loin, à l’autre bout du monde et ma maison n’est plus qu’une chanson... /...
... Des Caraïbes aux Philippines, j’ai traîné ma carcasse un peu partout
Mais les chemins qui mènent à nos collines avaient des pierres douces à mes pieds nus... /...
... Pas de discours et plus de larmes, venez mes frères, me dire adieu. »

(1969)
https://www.youtube.com/watch?v=_JYhq_wMkOg  

(1) les colliers de fleurs en bienvenue se font rares à Mayotte. C’est beaucoup de travail... Nous concernant, cela relève exclusivement de l’amour... Et la Pénélope d’Ulysse ?
(2) de Václav Vačkář (1881-1954), compositeur et chef d’orchestre dont mon grand-père Jan aimait tant la musique... 
(3) une scène me revient souvent, me laissant foudroyé à jamais. Dans un Liban dévasté, le petit va partir, le grand-père reste. Ils ne se reverront plus. Ils le savent : 
" ... Je te quitte, dit l'enfant retenant ses larmes. 
- Tu m'emportes, dit le vieux... "  
L'enfant multiple, Andrée Chedid, Flammarion, 1989.

vendredi 26 août 2016

TOUR DE L’ÉTANG DE VENDRES (II) / ATTAGUS, CERCIUS, vers VÉNUS (avec le clin d’oeil d’Hibernatus) / Fleury en Languedoc.

Aude, n. f., fleuve de France, né dans le massif du Carlitte et qui rejoint la Méditerranée : 220 km. Elle passe à Quillan, Limoux et Carcassonne. 
Le Petit Larousse ne parle ni de Fleury ni des Cabanes. Tant mieux ! trop de monde l'été ! Et si le Petit Robert en parle au masculin, l’Aude, "la rivière" pour les locaux, "se jette" dans le Golfe du Lion par un estuaire qui, par le passé, a pu être la branche naturelle d’un delta fermé à l’époque par une digue romaine à hauteur de Sallèles (1).
Une écluse et une échelle à poissons permettent de passer le barrage anti-sel. Depuis le tablier, l’approche de la mer se fait solennelle : large, apaisé après le sursaut ultime imposé par les hommes, le fleuve n’est pas sans rappeler la force tranquille d’un naturel fougueux (2). 


Depuis au moins deux milliers d’années (3), "la rivière" qu’on rapproche à tort aussi de la Belle Aude, la fiancée de Roland, a tout d’un macho brutal. A choisir, disons plutôt "IL" pour ce celte appelé Atacos (4) puis Atax puis Attagus dans sa forme la plus latinisée (VIème siècle). Ses rives, avec les tamaris, les pontons, les bateaux, les pêcheurs, évoquent aussi Galabru et de Funès au Chichoulet, la campagne en face des Cabanes, dans le Petit Baigneur. Grâce au film, pour que ça fasse beau, le hameau, les bords de l’Aude avaient blanchi à la chaux leurs tons ternes et pas recherchés pour un rayonnement, méditerranéen certes, mais de carte postale.   


Au Grau de Vendres, jadis Grau de Fleury, après le nouveau port de plaisance, si la route borde les nombreux campings du bord de mer, un chemin dans la pinède (5) permet de rejoindre la tranquillité des bords de l’étang. Un affût pacifique permet d’observer les oiseaux ; une allemande et sa fille, venues aussi à vélo, sortent les jumelles et pointent une pièce d'eau visiblement désertée.
A vélo, pour éviter la fringale, il faut boire avant d’avoir soif et manger avant d’avoir faim. En dessert puis régulièrement, des dattes en guise de carburant. Énergivores que nous sommes alors que dans le désert, les bédouins tiennent deux jours avec quatre de ces fruits ! Quoique... à dix-huit ans, pour une fille, plus loin encore, sans rien dans le ventre je pédalais ! Une bordure de saladelles accompagne un gentil chemin sableux : ce sont ces fleurs et non les dattes qui me rappellent ces petits rendez-vous. Alors je fredonne « A Bicyclette », la si jolie chanson de Montand même si j’ai du mal à faire rimer Lysiane plutôt que Paulette... J'ai Louisette aussi mais c'était sur l'Orbieu...   


Le vent est frais mais à la rage du soleil, sur le coteau exposé, ils sont étranges, les trois, dont une femme, à soulever les pieds dans les friches épineuses... Pour quelle conjonction ? Et quelle conjoncture ? 

Imperceptiblement, nous sommes passés du milieu salin à l’eau douce sans rien remarquer du saumâtre. Les carabènes, l’églantier dont les gratte-culs ont déjà tourné à l’orangé, le gros peuplier blanc, vénérable, en témoignent. Au pied de l’arbre, à l’ombre, un banc public dit aussi combien cette promenade, depuis le village de Vendres, est appréciée.
   
(1) afin de détourner l’eau vers Narbo Martius, alors port romain accessible par l’étang lagunaire aujourd’hui de Bages et de Sigean. Son cours est celui du Canal de la Robine que des raisons aussi économiques ont fait déboucher par un passé récent à Port-la-Nouvelle (péniches jusqu’en 1970 en gros).
(2) le barrage anti-sel ferme avant tout le fond où l’eau salée, plus lourde, remonte surtout lorsque Cercius, le vent de terre d’ouest-nord-ouest, souffle, et de quelle manière !
(3) En ont parlé : Strabon géographe grec (vers - 64 / vers 21-25), Pline l’Ancien (23-79), Ptolémée (90-168).
(4) du gaulois "at-" = très, excès et "acu" = rapide, fougueux.
http://www.arbre-celtique.com/encyclopedie/atax-atacos-aude-808.htm 
(5) Nous y voyons notre premier apuput, une huppe fasciée. 

photos : 1, 3 personnelles août 2016
2. François Dedieu 1967.

dimanche 21 août 2016

LANGUES FOURCHUES ET VENIMEUSES ! / Mayotte, France en danger !

http://www.education.gouv.fr/cid206/les-langues-vivantes-etrangeres.html#%C3%80_l%27%C3%A9cole
http://www.education.gouv.fr/cid206/les-langues-vivantes-etrangeres.html#Au_coll%C3%A8ge

Si l’apprentissage de la LV étudiée à l’école se poursuit en sixième, pourquoi demander aux familles de choisir ladite langue vivante puisque ceux qui choisissent espagnol feront de l’anglais de toute façon !
Cet apprentissage devrait représenter 1,5 heure par semaine... Mais le sandwich de la pôôse méridienne sous le préau passe avant !

Sur la carte « école » des sites gouvernementaux :
Mayotte n’apparaît pas... les Comoriens ne sont pas les seuls à prétendre qu’elle ne serait pas française !
Ainsi, les 3800 écoles, soit 1000 de plus qu’aujourd’hui qui proposent l’allemand laissent-elles les Mahorais aussi rêveurs que désabusés ! 

Sur la carte « collège » concernant toujours « l’effort exceptionnel en faveur de l’apprentissage de l’allemand », Mayotte reste fantomatique...  il faut dire qu’avec les trois ZÉROS de la Martinique et de la Guyane, nos nomenklaturistes du crétinisme infus n’ont pas voulu en rajouter !

Puisqu’on parle des langues, alors que ceux qu’on voudrait enfumer réalisent à quel point les jeunes générations pratiquent le français à Mayotte, si en métropole un autoritarisme qui se voudrait social muselle les langues régionales, dans l’île, les sinistres crétins font mine de promouvoir les langues maternelles (shimaoré et le kibushi), vieux voeu qui en restera longtemps au stade de la logorrhée mensongère !.. "parolé, parolé, parolé..."
Par contre, pour promouvoir à fond une réforme des rythmes aussi inutile qu’inadaptée (1), ils n’ont pas hésité à battre la campagne, à appâter les maires alors que les dotations aux communes fondent comme goudron au soleil. Ces hauts-fonctionnaires là rappellent furieusement le régime de Vichy. Nos carriéristes opportunistes se mueront-ils en résistants de la dernière heure pour sauver le pays ?  

(1) Pourquoi enterre-t-on encore l’évaluation de la réforme promise par le gouvernement ?

vendredi 19 août 2016

TOUR DE L’ÉTANG DE VENDRES (I) / de PÉTASSUS vers VENUS ! / Fleury d'Aude en Languedoc

Plaisir du grand air quand Cercius sorti des foudres cyclopéens aquitains reste frais. Plaisir des platitudes lagunaires entre la mer, la Clape et le Crès avec le fleuve dans sa trouée, apportant l’eau douce et la vie. Plaisir gâché par ces possédants accapareurs toujours en attraction-répulsion vis à vis du touriste, une contrariété amenant à douter de l'administration du bien public. Que font-ils ? Et s'ils font, pourquoi ne daignent-ils pas communiquer ? 

L’Étang de Pissevaches où jadis pissaient les sources avant que ne viennent les vaches. L’Étang de Pissevaches avec quelques pins, en bosquets, sur quelques oasis gagnées sur le milieu salin. L’Étang de Pissevaches avec ses oiseaux marins dont les flamants roses, et ses pistes, entre les salicornes,  marquées par les sangliers. Après les campagnes de l’Oustalet, de Boède et l’accès à Moyau où solitaire, résiste le dernier des grands pins centenaires, prendre à droite la route de la Grande Cosse, accessoirement camping naturiste. A gauche, un peu avant, une piste mène vers la route des Cabanes, entre le lieu-dit la Guirlande et la propriété des Salins du Midi, Saint-Louis d’Aude. Une chaîne barre le passage et, faute d’indications, l’accès sur le côté peut faire plus l’effet d’une entrée que d’une intrusion. Hélas, au moment de reprendre l’ancien lit de l’Aude, en guise de réponse, sans autre forme de procès, un large et profond fossé arrête même les piétons... Une eau brune refoule et un alignement de barbelés révulse. Du coup, ces barrières lointaines mais agressives des ranches ou des haciendas reviennent à l'esprit. Faut revenir, faire demi-tour, Florian contre le vent en perd sa casquette. Après la station d’épuration qui accueille nombre de migrateurs mais qui pue si fort en amont (ce n’est pas la dernière que nous rencontrerons lors du périple (1)), moins salés qu’annoncés sur la carte d’état-major, les marécages où pointent les tamaris se parent de roselières, de massettes ou de carabènes. Quelques hirondelles en chasse virevoltent. Par cette route des marais, nous passons au large des campagnes de La Négly, Gaysart, Anglès et Cabibel (2) non sans faire une pause au caudiè (3) d’Anglès où l’eau pompée reste d’une utilité certaine. 



Quelques vaches noires ou fauves, une paire de chevaux cherchent l’ombre sous les petits frênes.
Au carrefour, une benne ferme la circulation (sauf pour les vélos !) par les chemins de la plaine en remontant vers l’axe Fleury-Lespignan : a priori une bonne chose avec l’interdiction de stationner dès que les grosses chaleurs en plus de la sécheresse augmentent les risques d’incendies. Sur la route des Cabanes, nos premières saladelles (de la balade) dans des prés sinon pelés. On dit que, depuis la mise en fonction du barrage anti-sel, cette route s’inonde... Le changement climatique n’y serait-il pas aussi pour quelque chose ? En attendant, s’ils ont remblayé les bords avec un ruban de goudron, c’est vraiment salopéjé, plein de trous et de bosses ! Un manque de considération évident pour l’usager qui paie doublement ! Déjà qu’ils rognent sur la signalisation (bandes blanches et d’accotement) ! A vélo, c’est terrible quand il faut se tenir à droite !.. Comme si on avait à raquer pour un dieu Pétassus (4) ! L’héritier de François II le Piteux fera-t-il pire ? (à suivre)      




(1) Entre Fleury et Vendres, autour des étangs et lagunes, nous en avons croisé au moins trois.
Il faut revenir surtout sur le problème de l’eau, besoin vital et néanmoins privatisé. Une eau désormais facturée deux fois, d’abord propre au robinet et ensuite, plus chère encore, en tant qu’usée et à traiter !!!
Est-il loin, le temps où il faudra payer pour l’air qu’on respire tandis que les vampires du fric étudient la possibilité de nous mettre un compteur pour le soleil ???
(2) Pour les trois dernières, les dénominations ont changé, soit, respectivement, Anglès, Rivière-le-Bas et Mire l’Étang.... Allez donc savoir pourquoi...   
(3) source ? résurgence d'eau toujours tempérée même en hiver d'où son nom occitan évoquant la chaleur ? 
(4) le verbe pétasser est accepté en français alors qu'en occitan, le pétas, le pétassage font partie d'un vocabulaire courant. 

mercredi 17 août 2016

YOUPPI, LA RENTRÉE ! / humeur (mauvaise)

SINISTRES ET TRISTES CRÉTINS ! 

Plus d’1commune sur 3 facture les rythmes scolaires, jusqu’à entre 20 et 40 € par semaine ! Et il faudrait payer pour des activités intéressantes ou de la simple garderie ! Et que deviennent les communes rurales qui doivent inclure les frais de transports ? 

Dès 2 enfants, ça fait cher et des familles de plus en plus nombreuses arrêtent les frais ! 
Et l’État malmené par des traîtres au bien public, assimilable, sur bien des points, à un marchand de soupe, ne peut que participer à hauteur de quelques malheureux petits pour cent ! (La dotation étant de 30 à 50 € /enfant/an, cela correspond-il à moins de 10 % ?)

Cette réforme est aussi inadaptée pour les enfants que pour les familles. Son but caché serait, par une prise en charge teintée de collectivisme autoritaire rouge-brun, de contrôler une jeunesse dont une marge bascule dans la délinquance (c'était avant la "dérive islamo-terroriste"). C’est ce qui arrive lorsqu’on ne sait plus transmettre les valeurs républicaines du vivre ensemble !
Le mal est même plus profond quand le pouvoir dévoyé n'assure plus sa mission première qui est d‘œuvrer pour son peuple parce qu’il est à la botte des gros intérêts d’une économie corrompue !

Quand donc les TRISTES CRÉTINS refuseront-ils de participer à la mascarade du vote prétendument citoyen, guenille d’une démocratie confisquée ? 

Quand donc les SINISTRES CRÉTINS de l’administration se décideront-ils à ne plus obéir aveuglément à des directives d’un pouvoir toujours plus éloigné des valeurs républicaines (c'est moins confortable d'être résistant que larbin) ? 

Quand donc arracherons-nous les oripeaux désespérants d’une constitution agonisante et triturée par les opportunistes pour les habits brillants d’une VIème République seule capable de ranimer l’élan et l’espérance en l’avenir ?       

vendredi 12 août 2016

IL L'A DÉBUSQUÉ, LOUIS, LE VER DE LA GRAPPE (II) ! / Fleury d'Aude en Languedoc


« Louis, hier justement, à la télé, ils ont montré un cheval, une jument plus exactement, comtoise, comme celle parrainée à Limoux, qui travaillait une vigne et ils ont bien dit que ça tassait moins la terre.
- Et oui, sans parler de tous ces produits dangereux... Tu as su, par chez toi peut-être que le sol reste empoisonné pour les bananes...
- Ah oui, c’était à la Guadeloupe ou en Martinique...
- Et ces produits interdits ici, tu vas au Perthus, tu les as !.. Avant c’était pas mieux avec le DDT... Un produit efficace, pourtant ! Je suis bien placé pour le savoir quand on lui a passé la bite au cirage...
- Pardon, c’est quoi cette histoire ?
Louis rit intérieurement de l’effet de ses révélations ! 


Au service militaire, il y avait un grand costaud qui disait que personne ne le bizuterait ! On te l’a coincé à plusieurs et on lui a passé la bite au cirage. Mais c’est qu’il était le chouchou du commandant et je me suis pris huit jours pour ça ! Et au trou j’ai chopé des poux et des morpions ! Tu sais comment ils m’ont traité ? Ils m’ont attaché les manches et les jambes du pantalon avant de pulvériser dedans, du DDT... Je te prie de croire que ça a été vite réglé.
N’empêche que ces produits... Quand on avait à traiter le ver de la grappe, les matins où il ne faisait pas de vent, on se sentait asphyxié ! » 

Photos : 1. Mercure / Vatican / auteur Sputnikcccp
2. Légion vers 1958 / en.wikipedia
3. Cochylis de la vigne

mardi 9 août 2016

LE CHEVAL PÉCHARD DE LOUIS (I) / Fleury d'Aude en Languedoc

Louis est parmi les derniers, sinon le dernier à avoir mené un cheval à Fleury. Je l’ai salué, l’autre jour non sans lui demander s’il voulait bien reparler du travail à la vigne avant les tracteurs. «Viens quand tu veux, au jardin » qu’il m’a répondu. 


S’il faut reprendre par le menu tout ce que peut bien raconter un homme de quatre-vingt-six ans avec l’envie (et le mérite aussi) de témoigner, d’inscrire ainsi sa vie dans la destinée de l’espèce, aujourd’hui, j’arrête la bande son à l’instant où il parle de son cheval péchard « marron tacheté de blanc mais surtout marron », selon ses dires.

Sur le Net, et parce que les voies de l’informatique sont pénétrables, si j’apprends que péchard peut signifier aubère, gris-roux et même fleur de pêcher, c’est l’histoire d’un cheval nommé « Pêchard » qui m'aimante aussitôt.
C’est que « Pêchard », dernier cheval de Limoux en activité, a été statufié à l’entrée de la ville avec des rangées de ceps derrière. 
Son histoire a tout d’une Blanquette pétillante ! Ce cheval travaillait avec Henri et un jour qu’ils revenaient de la vigne, le coiffeur du coin, Georges Coroir, peintre à ses moments perdus, trouva que l’attelage, sur le pont, avec l’église au fond, avait de l’allure.


Maisun jour, les arches du pont ne virent plus passer Louis et son équipage. Le temps n'arrangeant rien, Henri était hospitalisé et Pêchard promis à une triste fin.
Mais à Limoux, rien ne se passe comme ailleurs ! C'est dû au caractère bien trempé de cette ville de la moyenne vallée de l’Aude ! C’est qu’à Limoux, les bulles remontent et restent dans les têtes... Pour dire que la ville pète d’entrain : la blanquette, le carnaval, le folklore des meuniers et tout ce que nous ne savons pas en attestent, pardi ! Alors les plans fusent et éclatent. Georges, encore lui, a l’idée de reproduire son tableau du cheval et du vigneron sur le pont, en carte postale. Il n’est pas seul. Les cartes se vendent dans le monde entier ! L’association qui s’en occupe a de quoi payer la retraite et les soins du cheval ! Henri désormais à la retraite peut lui rendre visite, régulièrement, jusqu’à ce qu’un 18 avril 1994 rompe définitivement leurs liens. Pêchard avait 34 ans, un âge plus que respectable pour un cheval de trait. Henri Santisbèbe quitta ce monde, lui, trois ans après.


Avec l’argent de reste et le concours des édiles locaux, le choix d'une statue équine, à l'entrée de la ville, se concrétise en juin 1998. Dernièrement, l’association en cessation a fait don de 800 euros et d’un paquet de cartes postales pour parrainer l’adoption, au centre équestre, d’Uva de Bel Air, une trait comtoise.
Quelle belle histoire ! Chapeau les Limouxins. Si quelques villes font tout pour garder leur âme, d’autres, dont la nôtre, font dans le bronze-cul obséquieux aux frais des contribuables locaux, faut-il le préciser ?
Allons, fi de ces aigreurs ! Plutôt courir jusqu’au jardin de Louis pour lui raconter où son simple mot nous a menés, de fil en aiguille !   

Photos autorisées :
1. "L'ami", cheval de papé. diapo de François Dedieu 1967 ? 
2.  Limoux Pont-Neuf auteur Tournasol7 commons wikimedia
3. bouteille de blanquette.

Sources :
https://artequestre.wordpress.com/2016/01/17/la-legende-de-pechard/
http://www.ladepeche.fr/article/2016/01/16/2256933-pechard-le-cheval-de-trait-lui-devant-et-tous-derriere.html
http://www.ladepeche.fr/article/2008/06/10/458759-limoux-le-cheval-pechard-va-feter-son-10e-anniversaire.html    

dimanche 7 août 2016

DES FRÈRES, VRAIMENT ? / Mayotte en Danger


Bientôt la rentrée mais pour répondre aux soutiens en plus depuis juin (616 J’AIME désormais), ce petit papier motivé par la confidence d’un ami comorien. Moussa exprime en effet une opinion qui porte un coup supplémentaire aux certitudes partisanes et arrogantes des tenants de Mayotte comorienne.
Frères au grand cœur assurément !
 
Ces pseudo-démocrates englués dans l’Histoire des années 1970 avec une vision partiale sur le droit des peuples à décider de leur avenir, ces escobars passéistes encore à ruminer la colonisation, n’ont jamais eu l’honnêteté de douter du bien fondé de leur thèse. Réalisent-ils ce que cette raideur a de totalitaire ? C’est ainsi que pour fustiger la présence, selon eux, illégale de la France, ils sont assez simplistes pour répéter en boucle et à tort : « même langue », « même culture », « même religion » ! Les plus véreux en matière d’enfumage vont jusqu’à en rajouter en insinuant que l’archipel des Comores partage en sus une « même Histoire » !
Un destin fraternel, pour sûr !
 
Alors, quand Moussa assure que les Comoriens considèrent que Mayotte est leur propriété, qu’ils peuvent polluer, souiller pour marquer le territoire, se servir dans les cultures, occuper les terres, couper les arbres, et qu’il s’empresse de reconnaître que chez eux ce serait un délit valant presque une main coupée, on ne peut que constater les liens familiaux et harmonieux qui unissent les îles !
Frères en religion, et d’honneur, il va sans dire !

Pardon ! il y a aussi les mauvais, les faux-frères mahorais qui osent expulser des occupants illégaux alors que la France défaillante n’a rien fait, ne fait rien et ne fera que forcée ! Pardon ! elle laisse pourrir la situation tant sa tartuferie est insondable, concernant le destin de Mayotte et celui d’immigrés à qui elle interdit de prendre l’avion pour Paris alors que dans un même temps, elle feint, sur son sol, de vouloir en accueillir d’autres à bras ouverts !
Des frères, vraiment ?   

Photos autorisées : 
1. Mayotte auteur Andria2
2.  Mayotte flag-map auteur Andriyko_UA

mercredi 3 août 2016

A BICYCLETTE ! (II) / Fleury d'Aude en Languedoc



Après le pont de Fleury, les pruniers d’Ente ont été arrachés, les vieux qui restent ne portent pas de fruits, le four à pruneaux n’est plus, la plaine est rendue à sa viticulture comme si c’était une fatalité de ne pouvoir varier les productions... Quand je le dis que depuis quarante ans, « nos » politiques qui nous précipitent dans le mur ne font pas grand chose (1) !
J’attends de voir le cabanon aux chevêches ou chevêchettes qui sortaient au crépuscule, à la queue leu leu. Et là, surprise, non pas pour un trou de plus aux volets mais parce que des arbres sur l’entrée ont eu tout le temps de prendre de la vigueur. Moi qui suis scandalisé du vide laissé par les tronçonneuses, là c’est le trop-plein qui me choque, la remise rendue à la nature, la main de l’homme qui n’est plus, une absence ressemblant trop à une mort sans descendance. 


Non loin, une bâtisse fait penser à une métairie, l’habitation au-dessus de l’écurie. Le toit profite de l’ombre des grands peupliers blancs, vieux et majestueux, qui bordent l’implantation. Sauf qu’on a ouvert le ventre à une vie révolue, le portail est forcé, les volets, les ouvertures arrachés vomissent des ordures et un matelas pouilleux. Triste spectacle d’un passé fracassé, pillé sans retenue par les voleurs, gommé par des hippies qui n’avaient pas les moyens de leurs prétentions et finalement squatté jusqu’à l’écœurement !  



Vers l’embouchure, à partir de cette pointe nord de l’île de la Clape, les domaines se succèdent, comme émancipés par la distance croissante avec le bourg. Le plus cossu veut frapper les esprits avec, depuis les vignes, ses grandes dépendances mariant l’ocre des hauts murs au rouge de la tuile derrière une allée de pins parasols solennels. J’y vins, à vélo, vers mes dix-huit ans, journalier d’une semaine, pour faire quelques sous, quand ils produisaient des poires. Le domaine, blanchi à la chaux, chantait si bien le Sud que mes souvenirs préfèrent gommer le présent. 


Sur ces terres gagnées au fil des siècles par le fleuve, les vignes voudraient encore le disputer aux roseaux sinon à la sansouire. Cette année, quelques champs de blé déjà mûrs sont visibles : ce doit être une variété adaptée, courte sur tige mais avec de beaux épis, lourds et déjà mûrs en cette mi-juin. Avant le boum de la vigne, voilà cent-cinquante ans, le Languedoc n’était-il pas une terre à céréales ? Aujourd’hui, les cultures doivent-elles à l’eau douce pompée dans l’Aude (2) ? Avant Mérins et la Bâtisse-Haute, une grosse buse travaille à gros débit. Est-ce pour les taureaux et chevaux d’une manade installée voilà une vingtaine d’années ? Alimente-t-elle l’étang de Vendres, presque totalement interdit au public, au profit de chasseurs qui paient bien ? Est-ce pour le riz, confidentiel, mais qui peut pousser dans cette autre petite Camargue ? Une buse vraie, elle, cherche son équilibre sur un rameau de frêne : elle patiente, sûrement, pour le cadavre du mustélidé, on dirait, compressé sur le macadam. 

Je souris souvent en pensant aux étriqués qui, lapidaires et parce qu’ils ne sont pas sensibles aux bleus si divers du Golfe du Lion, parlent d’une côte languedocienne uniforme, monotone, ennuyeuse. A ces inconditionnels des bronze-culs huppés, ne parlons pas du modeste estivant, ne parlons pas plus de la garrigue que des étangs doux ou salés, des résurgences, de la rivière, de ses riverains, des noms qui traduisent une présence plus adaptée que dominante, émouvante même, tant elle est fragile. L’autochtone ne dit-il pas « campagnes » pour ces domaines, sans trop préciser si ce sont des châteaux, des fermes ou de simples cabanons ? Nous retrouvons cette modestie souriante dans les noms de ces implantations : les Hortes d’Andréa et de l’Ami, Joie, Mérins, les Bâtisses Haute et Basse,  les Saints Louis d’Aude et de la Mer honorant le mois d’août, le Capel, Saint-Jean de Birouste, Pistole, la Guirlande et Chichoulet !
Et si le barrage anti-sel a ouvert le passage au trafic vers la côte héraultaise, au-dessus des foyers, des cultures, des arbres, pour l’homme dans son milieu, l’air est traversé des chants de passereaux et par ces voyageurs falcinelle, crécerelle, philomèle ou seulement sarcelle qui parlent pour un monde autre que celui vendu à la fiducie.
Un jour, fin juin, à 6h 20 du matin, Florian a vu un loriot d’Europe à la Barque... et pour moi, c’est plus renversant que le brexit de nos voisins ! 


(1) J’ai vu une plantation d’amandiers dernièrement (mais je ne sais plus où) pour ajouter aux oliveraies replantées.
(2) le barrage anti-sel empêche une couche salée, plus lourde, de remonter haut en amont sur le fond de la rivière. Les poissons d’eau douce (et le silure en prime) sont plus présents désormais que les muges et les loups qui appréciaient l’eau saumâtre. 

mardi 2 août 2016

"PAS BESOIN DE LONGS VOYAGES..." / Maurice Genevoix.

«... il n’y a pas besoin de longs voyages à travers le monde pour se convaincre que ce monde est riche, plein de beautés et de secrets. Tout ce que l’on croit découvrir en voyageant d’un continent à l’autre, comme je l’ai fait, rejoint des souvenirs et des impressions d’enfant. Je m’en doutais depuis longtemps. Mais à présent que je suis vieux, j’en suis sûr... /... J’ai parlé d’enfance, tout à l’heure. je crois que j’y reviendrai souvent. Que notre enfance, pour l'essentiel, détermine l'homme que nous serons, je pense profondément que c'est vrai. Il est seulement dommage.../...que le jeune homme.../... à tout le moins l’oublie trop et trop vite. je crois pourtant que cela lui passera, que la mémoire lui reviendra de la fraîcheur première de ses impressions d’enfant, de leur intensité vivante... » 

Maurice Genevoix, Tendre Bestiaire, 1969. 

 
Maurice Genevoix (1890-1980). 
 « Il suffit que j'y songe encore pour retrouver une très lointaine ivresse : de joie de vivre, d'augmentation de l'être, de capiteux et éternel printemps. Et comment me tromper à ce délicieux vertige ? C'est l'enfance ! » Jeux de Glace, 1961 (source Wikipedia).

A l’âge de 89 ans, il nourrit encore un projet de roman, traitant du passage de l'enfance à l'adolescence, avec l'intention de mettre en épigraphe une citation de Victor Hugo : « l'un des privilèges de la vieillesse, c'est d'avoir, outre son âge, tous les âges. » (source Wikipedia). 
Photos autorisées : 1. Maurice Genevoix auteur Jacques Tassin (dessin d'Anne Tassin qui a donné son autorisation). 
2. Maurice Genevoix lamontagne.fr

lundi 1 août 2016

"ŠKODA LÁSKY...", une chanson de la Libération / Československo / Holoubkov, ma forêt perdue...

Ça commence avec une question pour ces champions d’un jeu télévisé où la réponse était « coda ». Papa rappelle aussitôt André Pesqui à la baguette décochant « coda, coda » pour le dernier morceau à jouer. Étonnant mais c’est la deuxième fois aujourd’hui que notre concitoyen pérignanais revient dans la conversation : ce matin, c’était pour dire combien le « directeur de la coopérative agricole » aimait, même adulte, monter des modèles du Meccano.
Comme souvent, avec les souvenirs, on passe facilement du coq à l’âne lorsque, se tournant vers maman, il fredonne « ta ta rara, tara tara tarara...(a) (1), tu te souviens, à Holoubkov, le Russe, dans les fourgons de l’armée soviétique, huit jours après les Américains, comme il n’arrêtait pas de nous la jouer à l’accordéon, on aurait pu lui seriner "coda, coda, coda" !..».

« Škoda lásky kterou jsem tobě dala,
škoda slzí které jsem vyplakala,
Moje mládí uprchlo tak jako sen
Ze všeho mi zbyla jenom v srdci mém vzpomínka jen. » 



Et moi, à l’ordinateur, cherchant à savoir si ce n’est pas une chanson américaine importée et traduite... Quelle idée même s’il y eut le swing, le jazz, « In the Mood » de Glenn Miller (b) ! Il était bien gentil le Russe de ne pas jouer que Katioucha (c), autre chant marquant la victoire !

"ŠKODA LÁSKY..." nous vient de l’Est, slave et mélancolique à souhait, une musique de 1929 de Jaromir Vejvoda, servie par des cuivres et qui à la Libération, déborda les frontières. Quelques paroles, quatre vers seulement dont les deux derniers repris à la fin :

« Dommage l’amour que je t’ai donné,
Dommage les larmes que j’ai versées
Ma jeunesse s’est évanouie comme un songe
D’elle, il ne me reste au coeur que mes souvenirs. »

Que cela ne fasse pas oublier, surtout, tous ces soldats venus de l’autre bord de l’Atlantique pas plus que ceux de la Volga et du Baïkal pour anéantir le nazisme (2)... En France, Le Temps des Cerises (d) et toute sa symbolique, plus que les airs légers, a marqué la Libération. Et j’allais oublier le destin de « Lili Marlene » (e), d’abord chant conquérant des Allemands puis retourné en quelque sorte lors de la reconquête des Alliés.  
Cette liesse collective, si on n’en retient pas seulement l’explosion de joie, exprimait sincèrement le soulagement et l’espoir projeté vers le futur tant le prix à payer fut lourd pour réduire les fascismes.

A écouter
(a) https://www.youtube.com/watch?v=jyI9Pj4CEdE
(b) https://www.youtube.com/watch?v=bR3K5uB-wMA
(c) https://www.youtube.com/watch?v=2SLvtP6KMUM
(d) http://www.dutempsdescerisesauxfeuillesmortes.net/50_chansons/01_temps_des_cerises_le.htm
(e) https://www.youtube.com/watch?v=Q56QzGcAKZc
Et pour la France, Fleur de Paris http://www.dutempsdescerisesauxfeuillesmortes.net/50_chansons/48_fleur_de_paris.htm

(1) pour vous donner une idée, et vraiment par charité, c’est la musique de «Frida oum papa» aux paroles si nulles, ridicules et si irrespectueuses (ce qui est parfois un mal français) de la chanson tchèque «Skoda lasky» de 1927. Le fait qu’une chanson mondialement connue ne soit reprise en France qu’au milieu des années 70 ne plaide pas pour nous non plus... Oubliez cet énième avatar de la bonne du curé et écoutez-la donc dans sa version authentique et tchèque.
Notons aussi, en flop, pour le non-respect mémoriel, «Katiusha» devenue le kazatchok par la prêtresse du bain de siège ! 
(2) ceux venus de si loin, aussi : du pays continent, de celui du long nuage blanc et ceux des colonies britanniques et françaises, et, plus proches, ces Républicains de « La Tricolor ».  

Photos : 1. carte postale. 
2 & 3 shutterstock autorisées. 
4. maman et ses deux frères.