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lundi 21 avril 2014

„AT' JE HORKO, když je pivo [1] !“ „La goulée de bière“ / Československo / Holoubkov, ma forêt perdue...

„Ať je horko, když je pivo [1] !“  „La goulée de bière“.

Sur la petite route qui monte, le bitume fond et ma semelle accroche les graviers du bord. Le džbanek bleu et ventru balance au bout du bras. Les pensées vagabondent vers la prairie toujours verte. Derrière la grange aux airs de chalet, la forêt somnole sur ses mystères. La nature retient sa respiration : elle espère la fraîcheur du soir. A mi-chemin  environ, de la Cementarna, après le tournant qui descend, une sente longe le fond du champ de blé : de lourds épis se courbent vers le sol et penchent les tiges. Au-delà, un talus déboule sur les voies du chemin de fer.
Avant de traverser, tournant lentement la tête, j’embrasse du regard l’espace dangereux. Comme le fait la biche qui sort des bois, qui elle, hume longuement et bouge les oreilles prête à gagner le couvert. Il faut écouter, regarder, palper l’atmosphère. Lourde, pesant sur un espace de fer et de houille, elle entraîne des polygones d’air diaphane dans une sarabande kaléidoscopique. Venant de Prague, surtout, c’est dangereux : les trains surgissent sans crier gare, avec la complicité d’une légère pente. C’est quelque chose une locomotive lancée ! On ne l’entend que lorsqu’elle est passée, rien ne l’annonce : elle ne souffle pas, ne fume pas et si ce n’étaient les petits jets puissants qui lui font, au niveau du bissel, comme des barbillons, si les bielles et les manivelles ne s’affolaient pas autour des grandes roues, on croirait que la chaudière est éteinte. Sous ce ciel d’été exacerbé, l’immobilité de l’air est aussi trompeuse que la rouille des voies de manœuvre et de garage. Un bruit ! ce n’est rien : une ferraille seulement qui se dilate et claque. Au-delà, plus question de vagabonder ; un instinct commande de traverser au plus vite, de ne pas se laisser fasciner par ce scintillement à blanc qui court sans fin sur les rails ; ce n’est plus le moment de fixer le poste d’aiguillage où quelques panneaux vitrés sont relevés pour faire courant d’air. Sous la lumière crue de l’après midi, tandis que l’esprit continue de sonder un silence frémissant, il faut assurer son pas sur les traverses et anticiper au bout que la voie, dans cette courbe, est relevée. 

Locomotive en gare d'Holoubkov / Diapo d'août 1970 prise par François Dedieu (mon père) qui n'était pas conscient de l'interdiction de photographier les sujets sensibles dont les machines à vapeur...  
 
En bas de la route menant à la gare, le lac frissonne de toutes ses vaguelettes. La taverne est vide à cette heure. Des buveurs du soir, il ne reste qu’une odeur âcre de tabac froid dans la relative fraîcheur. La patronne paraît ; elle arrive de la cuisine sans doute. Pendant qu’elle manie la tireuse, elle prend plaisir à questionner sur mes impressions de petit Français puis c’est moi qui l’observe alors qu’elle s’obstine, de sa spatule en bois, à faire tomber plusieurs fois un bouchon de mousse qui n’arrête pas de se reformer en haut du pot. Elle, souriante, grande, blonde, cendrée presque : des cheveux fins mais si nombreux qu’ils lui font une touffe épaisse. Malgré la pénombre, ses pommettes marquées s’accordent avec le rose de ses lèvres fines et contrastent avec son teint pâle. Je n’ai pas l’âge des comparaisons, je ne me sens pas dépaysé mais je suis si loin de la Méditerranée.
Dehors pourtant le soleil cogne fort, comme plus au sud. Retour vers la maison par le raccourci interdit, seulement toléré. Précédant la partie voyageurs, le hangar de service paraît écrasé de canicule sous ses grands avant-toits. En face, des wagons plats attendent, alanguis, le long du quai des grumes où les troncs s’empilent. Côté Prague, pas de signe avant-coureur. Venant de Plzeň, dans le sens de la montée, même un convoi léger, l’omnibus par exemple, se repère sans peine, parce que la machine souffle, forcée qu’elle est de maintenir la cadence, annoncée par des panaches vifs qui bourgeonnent et se détendent au-dessus de la pointe noire des sapins, dans le vallon de l’étang de Hamr. Le passage est libre. J’avance, donc, avec le pichet de bière. Après les voies rouillées où un train de marchandises et une voiture réformée font la sieste, au moment de traverser sur la double ligne de rails aux éclats d’acier bien trempé qui voudraient nous attirer dans l’univers des étoiles, j’arrête, suspendu, pour lever attentivement la tête, dans une direction, puis dans l’autre, avant de m’engager en regardant où je mets le pied. J’ai à peine avancé de trois pas, les yeux baissés sur un monde bistre de traverses et de ballast souillé, qu’un grincement terrible déchire le calme et me propulse littéralement en avant. Là-bas, le bras du sémaphore vient de se lever, me sommant de fuir au plus vite, ce qu’un claquement d’aiguillage confirme aussitôt. Inutile de savoir si le chef de gare a actionné la longue sonnerie d’alerte, je ne me sens mieux qu’une fois en-haut du talus. Pas une goutte de bière n’a versé ! La forme du pot peut-être…
Le champ de blé, l’asphalte qui fond, me voici rendu. Toujours pas de train à l’horizon. Tout le monde attend dans le jardin, près du chantier. Sur le džbanek bleu et ventru qui passe de mains en mains, une rosée de bon aloi mouille les doigts. Ah ! une bonne goulée, à peine retenue en bouche, qui picote la langue, le palais, avant de plonger sa fraîcheur tonique dans les profondeurs sous la luette en stalactite, qui finalement vous soutire un soupir de bonheur et une fine moustache de mousse sur la lèvre. Du coup, le temps à l’orage se fait moins oppressant. Dans les rires, chacun se sent inspiré, les plus en verve orchestrent la conversation, je sors l’harmonica de ma poche, pour souffler n’importe quoi, tel un oiseau sur sa branche.
Encore aujourd’hui, quand je bois une bière, je m’efforce, sans rien en dire, d’entonner une belle goulée, de celles qui vous font passer pour un goulu, surtout pas une gorgée, je dis bien une belle goulée qu’on ne peut empêcher de picoter, de pétiller, et qui laisse tant de choses avant de plonger. Et quand elle fait briller mes yeux, je revois dans un kaléidoscope embué, mes grandes vacances en Tchéco, ces chers paysages, les locomotives qui rythment nos jours et les visages aimés qui me sourient. Un air d’harmonica chevrote sous le sorbier et je vois même, accrochée sur ma socquette, la bardane griffue ramenée du sentier.  


[1] « Qu’il fasse chaud, à partir du moment où il y a de la bière ! »

dimanche 20 avril 2014

CORBIÈRES, MYSTÈRES... (IV) / Fleury d'Aude en Languedoc

Montredon, Lézignan, Montbrun, Conilhac revendiquent les Corbières. Et Narbonne ? 


    Avant de rejoindre l’Orbieu et Villedaigne, un dernier regard dans le rétro sur ces collines, ultimes obstacles à la course à la mer du fleuve Aude qui doit encore contourner le village de Moussan.

    Sur le versant tourné vers l’est, les vestiges de l’oppidum de Montlaurès qui, contrairement à ce que laisse croire son appellation latine, est bien antérieur à la colonisation romaine. Avec Pech Maho du côté de Sigean et Ensérune à Nissan, ces sites abritaient le peuple des Élisyques qui, entre les Ligures et les Ibères, commerçaient avec les Phéniciens et les Grecs (1). A Montlaurès, l’IGN mentionne, en bleu, un mystérieux "Œil de mer", une exsurgence (2) une source artésienne, le point d’eau indispensable à l’installation humaine et aujourd’hui nécessaire à la Comurhex de Malvési pour le raffinage de l’uranium... 

    Entre Montredon-des-Corbières, Névian et Marcorignan, des passionnés ont mis en évidence la Voie Dixiane, une variante de la Via Aquitania des Romains, qui emprunterait un col nommé Boucocers (3) avant de traverser l’Orbieu par un gué puis, au-delà de Raissac-d’Aude, de se diriger vers Fontarèche, Montrabech, Sérame et la "clue" de l’Aude en passant à proximité de la source Dixiane, une autre source artésienne peut-être liée au nom de la variante de la Via Aquitania.

    Si l’ancienne nationale contourne Lézignan-Corbières (attention aux radars embusqués), il serait dommage de ne pas citer ce centre viticole témoin de la révolte de 1907 parce que la première cave coopérative de l’Aude « Les vignerons », vit le jour en 1909. A propos de nos "montagnes", les hauteurs au Nord-Ouest (4), lors des aigats (dits par ailleurs et trop systématiquement"épisodes cévenols"... même s’ils touchent le piémont pyrénéen...), alimentent de façon ponctuelle plusieurs ruisseaux qui rejoignent le non moins méconnu Ruisseau de la Jourre, affluent rive droite de l’Aude de 20 km pourtant ! Entre le « Rec de la Bergère » et celui « de la Citerne », mon préféré reste le « Rec-d’Escouto-can-Plaou » (littéralement « Ruisseau d’Ecoute-quand-il-pleut ») parce que, exception faite des trombes d’eau qui causent de dangereuses inondations, notamment à l’automne 1999, écouter la pluie exprimait, pour une population liée à la terre, avec le doux bruit des gouttes qui tombent, le plaisir de savoir que les cultures profitent, que les réserves se remplissent, et aussi l’assurance de voir écartées les affres de la sécheresse.

    Conilhac-Corbières (80-90 m alt. moy.), dernière localité au sud de ce contrefort anonyme. Un petit clic sur geoportail ouvre sur le domaine des lapins (traduction littérale de Conilhac). Quel nom porte cette éminence ? Je vois peut-être Maurou ou Plo de Maurou, plo signifiant peut-être "petit plateau" en occitan. Le CD 165 passe le Col de la Portanelle (171 m), laisse à gauche la « Combe des Loups », encoche dans le plateau, et gagne Montbrun-des-Corbières (5). En attendant que les Montbrunois nous expliquent peut-être pourquoi la « Garrigue de Montbrun » est partagée entre les communes de Moux et Fontcouverte alors que « La Côte de Fontcouverte » est chez eux,  gagnons Escales, bastion ultime des Corbières, regardant le fleuve venant de l’ouest, au pied de ces dernières hauteurs stratégiques dominant le sillon audois. Le nom, venant de scala, l’échelle, traduirait  l’idée de "pente abrupte", de "passage difficile". Heureux Escalins qui méritent assurément une visite avec l’église Saint-Martin du XIème, le château historique, la tour sur une colline proche, dominant une pinède et, dans le village même, la source deux fois millénaire, citée dans les vers d’Achille Mir, natif du village (6). 
Escales / Église saint-Martin XIème siècle.

    Et Narbonne nous semble vraiment loin... Laissons la capitale des belliqueux Elisyques qui s’est donnée à Rome, tournée vers la mer, fière de son carrefour qui la met entre Montpellier, Toulouse et Barcelone, elle qui, faute de pouvoir rivaliser, ne serait-ce qu’avec Perpignan et Béziers ne peut que s’enorgueillir de dépasser Carcassonne. Et si cette insensibilité apparente permet à Lézignan-Corbières de parler pour l’arrière pays et en particulier la vallée de l’Orbieu, je me demande si cette indifférence n’a pas accentué les destins divergents de deux villes éloignées seulement d’une vingtaine de kilomètres. Au rugby par exemple, Narbonne à XV, Lézignan à XIII, de même que le parcours de quelques joueurs tels Pierre Lacans, le troisième ligne international de Béziers, pourtant natif de Conilhac (7) ou Christian Labbit, parti à Toulouse puis licencié après son retour à Narbonne. Quant au Racing Club Narbonnais qui ne s’est jamais bien entendu avec les clubs des villages voisins, maintenant c'est « Narbonne Méditerranée »... et plus d’affinités avec l’Australie qu’avec la porte à côté...  Je pousse un peu et ce serait ridicule de vouloir une « Place des Corbières » plutôt que « des Pyrénées », il n’empêche, le miel fameux dit « de Narbonne » ne serait-il pas plus des Corbières que de la plaine ? Pour le vin, par contre, la situation semble plus nette, Narbonne gardant ses Bacchus sculptés et les Corbières ses nectars aussi riches qu’épicés...   

(1) Hérodote signale que des mercenaires élisyques auraient servi dans l’armée carthaginoise, en Sicile vers - 480 (v. Wikipedia).   

(2)  Introuvable, cet "Œil de mer" sur les dicos et sur le Net et qui réapparaît pourtant dans les Hautes Corbières ! Par contre, si cet "œil -de-mer" fait penser au gouffre de l’Œil-Doux, sur notre commune de Fleury, il me semble avoir vu "œillal" quelque part, sauf que ma source ne va pas plus loin que quelques entrées sur la première page du moteur de recherche...  L’eau de l’exsurgence provient d’une nappe souterraine, celle de la résurgence de pluies infiltrées ou de la perte d’une rivière plus en amont.

(3) Ce col de Boucocers serait situé plus à l’est, sur la route de Narbonne à Saint-Pons. Voir « "Toponymie Générale de la France" Tome 2. Ernest Nègre. p. 1147 / 21479. Boucocers, com. Montredon, Aude, à un col sur la route de Narbonne - Carcassonne : terminium de Orecrcio, Buccacircio, 1032 (HGL, V, 198) = occ. boca «bouche, orifice » DOF + cèrs, cerç « vent d’ouest » (DOF), désignation métaphorique du col »... On trouve aussi Boucocers à Lagrasse (le camping a pris ce nom juste en dessous d’une éminence appelée « Bouche au Cers » qui force l’Orbieu à un détour vers l’ouest). QUE LES INTÉGRISTES DES TRAMONTANES SE LE DISENT !

(4) dont « Le Garouilla » (certainement issu du languedocien « garrolha » = le taillis de kermès) et « Le Perdigal », le perdreau des chasseurs.

(5) Jolie histoire liée à Notre-Dame-de-Colombier et une page édifiante sur le Cers «... Dans le Golfe du Lion, le vent de Cers est le seul vent venant de l'intérieur des terres, il n'y a aucun vent de nord, ni aucune tramontane ». D’emblée, ils ne l’envoient pas dire et avec une majuscule au Cers, siouplèt ! http://www.montbrun-des-corbieres.fr/la-commune/les-vents-dominants/

(6) Achille Mir (1822 - 1901) contributeur remarquable de la langue occitane : c’est son « Sermoun del curat de Cucugna» qui inspira Daudet ! http://www.mairie-escales.fr/village.htm

(7) décédé dans un accident de la route le 30 septembre 1984, à l’âge de 27 ans, au lendemain d’une victoire contre Narbonne.

photos libres de droits wikipedia / peuples celtes, Escales, Narbonne

mardi 15 avril 2014

CORBIÈRES, MYSTÈRES (III) / Fleury d'Aude en Languedoc

Déjà les prémices d’un pays suspendu... 


    Cette évocation aussi, est restée suspendue aux années 60 : je vous ai parlé, dans un précédent billet, des pensionnaires du collège Victor Hugo et du car pour Mouthoumet. Les Corbières à l’esprit, c’était aussi  quand on sortait de Narbonne, direction Toulouse, par la Place des Pyrénées... Passons sur les lendemains de victoire du Racing, surtout si les vaincus, au retour, comme sous des fourches caudines, devaient traverser la ville pavoisée !.. 
Cap sur Cap de Pla et ses collines pelées qui ne pouvaient qu’interpeler sur une contrée mystérieuse et après le pont de Montredon, au bout du ruban d’asphalte partant à gauche, les ruines perchées, le défilé, les falaises blanches entretenaient une curiosité grandissante pour une destination insondable, quelque part au sud-ouest. 
Dans les années 70, bizarrement, c’est un film (1) qui m’a encore fait penser au pays suspendu (2) des Corbières. Bizarre, en effet qu’une vallée cachée des Alpes ait pu rappeler notre piémont pyrénéen. D’autant plus étrange que la vallée du film échappa, elle, aux affres de la Guerre de Trente Ans tandis que nos Corbières ne furent pas épargnées, quatre siècles plus tôt, par la répression démocidaire des barons du Nord, lors de la croisade dite des Albigeois. 
Passez-moi, en attendant, ces parenthèses et anachronismes révélateurs sur celui qui croit toujours tenir le porte-plume et ses idées embrouillées, les ferait-il courir sur le papier.

    Les éclaireurs des Corbières régentés par les 1230 mètres du Pech de Bugarach viennent mourir contre les collines du Minervois, fédérées, elles, par les 1211 mètres de la Montagne Noire (3) au Pic de Nore. Entre les deux groupes de bourrelets, géologiquement apparentés et pourtant coupés par un sillon tectonique, le fleuve Aude, sans rien d’un entremetteur, persiste avant tout à trouver sa voie vers la mer, accompagné par le Canal du Midi. Le voyageur, lui, entrant dans les terres, demeure libre d’imaginer un pays suspendu qui a su d’autant mieux préserver ses secrets. 

Avancées des Corbières.

    On croit seulement le border, ce massif prépyrénéen, alors que, depuis Narbonne, la nationale aujourd’hui déchue en traverse les ultimes aboutissements, d’abord, les 9 kilomètres, par Montredon-des-Corbières, ensuite, après les basses terres de l’Orbieu confluant avec l’Aude (traversée de Villedaigne), sur 7 kilomètres, entre Lézignan-Corbières et Moux.

    En sortant de Narbonne, la route et le rail longent des lopins entretenus qui dénotent d’autant de goûts, talents et penchants empreints de sagesse terrienne pour les fleurs, les légumes et les arbres fruitiers. Ces « hortes » (4) à la périphérie de la ville laissent vite place à un paysage semi-désertique : les arbres ont disparu et une rocaille nue donne corps aux collines où une garrigue rase s’oppose radicalement à la luxuriance des vignes de la plaine. A partir du lieu-dit Cap de Pla où les restes de fours à chaux confirment l’ascendant des calcaires, les Ponts-et-Chaussées ont même renoncé à aligner les platanes le long du goudron. Sur un versant, un chemin dans la pierre, rouge de la décomposition chimique des sols, voudrait nous emmener au Far-West.  Au pont de Montredon, où depuis 1976, le souvenir d’événements tragiques prévaut (5), laissons-nous cependant gagner par le mythe de la piste pionnière puisque à gauche, vers le sud-ouest, c’est la route des Corbières qui s’élance, auréolée déjà par les vestiges d’un château-fort au-dessus d’un canyon. Vers Carcassonne, Montredon-des-Corbières fait alors figure d’étape (6) et la présence d’un cabaret invitant à une halte nocturne ne devrait pas étonner davantage que celle d’un saloon au pied des Rocheuses. A peine peut-on imaginer un numéro de girls qu’un décor de ruines antiques dignes d’un parc d’attractions nous ramène aux vestales romaines... Sûr, la singularité des lieux inspire ! Passé le Col de la Muette, on resterait sans voix, non pas parce que ledit col semble plus bas que les cinquante mètres du carrefour de Névian mais parce que la vue s’ouvre sur la plaine de l’Aude jusqu’à la Serre d’Oupia, au fond.

(1) « La vallée perdue » (The Last Valley / 1971) avec Michael Caine dans le rôle du capitaine des mercenaires et Omar Sharif dans celui du maître d’école d’un village tyrolien. 

(2) des pays plutôt, comme le pluriel "Les Corbières" le laisse entendre.

(3) Le sillon audois, drainé d’ouest en est par le Fresquel et l’Aude forme une large gouttière entre les Corbières et la Montagne Noire.

La Montagne Noire, beaucoup plus homogène que les Corbières, se prolonge à l’est avec les Monts du Minervois appelés aussi Avant-Monts (822 m au-dessus des hameaux de Copujol et Pez). Des Avant-Monts qui se font remarquer jusqu’aux environs de Bédarieux, même s’ils changent de nature après l’estafilade (Roquebrun) favorable au passage de l’Orb vers Béziers.    

(4) version francisée de"órt" en occitan, dérivé du latin "hortus" qui a donné "horticulteur" par exemple en français, (sauf erreur de ma part). A Fleury, un quartier, entre maisons et campagne se nomme "L'Horte" (ce qui devrait se retrouver pour nombre de localités du Sud). L’expansion de la ville et les aménagements liés à la rocade ont bien sûr fait disparaître ces jardins. 

(5) le 4 mars 1976, suite à une demie-heure d’une fusillade nourrie entre les viticulteurs et les CRS, on dénombra plusieurs dizaines de blessés et la mort du vigneron Emile Pouytès et du CRS Joël Le Goff. Et près de quarante ans plus tard, la polémique continue et chacun des camps honore "son" mort à part, à une date différente, en toute inhumanité... 

(6) Pins, platanes, pechs boisés qui compensent cette zone industrieuse et ce rond-point des temps modernes où des palmiers de Chine ne survécurent pas au parasite... Espérons qu’ils sont les seuls fantômes des illusions sur la croissance perpétuelle promise !

photo autorisée wikipedia / Aude relief. 

jeudi 10 avril 2014

Mayotte en Danger / TIRER LA CHASSE SUR LA REFORME DES RYTHMES SCOLAIRES ?

TIRER LA CHASSE SUR LA REFORME DES RYTHMES SCOLAIRES ? IMPOSSIBLE, LES WC SONT BOUCHES !

Un excellent article d’Agoravox http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/ecoles-colleges-lycees-le-scandale-150474?debut_forums=0#forum3998067 rappelle que la campagne des municipales s’est accompagnée, en métropole, « d’un certain battage médiatique... / ... autour de l'usage des toilettes en milieu scolaire ».
N'en parlons pas à MAYOTTE où un vice-recteur donneur de leçon mais démocratiquement bouché, a abusé d’un battage médiatique, aussi cynique que mensonger, pour la réforme Peillon – Pau des rythmes scolaires ! Alors qu’une attitude responsable aurait dû amener ce serviteur de l’Etat à rappeler les devoirs de la République et des maires concernant l’état des écoles et le grave problème de l’hygiène, ce monsieur n’avait en tête que la mise en place d’un gardiennage préventif pour tenter d’influer sur les chiffres de la primo-délinquance sur l’île... S’il faut rappeler que cette réforme d’importance, ne concernant ni les enseignants, ni les programmes, ni les méthodes, n’aura pour effet que d’augmenter les impôts locaux, la question de l’hygiène et de la santé dans les écoles doit d’autant plus alarmer que la situation, ici, est catastrophique ! Lors de la visite de la ministre, le vice-recteur a voulu interdire le panneau d’un syndicat, « Mayotte, les excréments de la République », accompagné de photos trop parlantes.
En effet, si l’article d’Agoravox insiste sur une situation dégradée alors qu’en 2007, 7 % des élèves du primaire n’utilisaient jamais les toilettes, ici, tous nos enfants sont concernés ! Peut-on continuer ainsi, sans réfléchir aux conséquences ? Les enfants qui se retiennent d’aller aux toilettes mettent leur santé en danger !  L’article précise : « ... D’après les médecins, il existe en effet un lien entre l'utilisation des toilettes et les indications de fréquence de symptômes abdominaux, digestifs et urinaires. Ce sont les filles qui souffrent le plus des troubles recensés : incontinence urinaire, brûlures à la miction et constipation, douleurs abdominales. Et cela influe naturellement sur leur capacité à se concentrer en classe... ». Des enfants qui en arrivent au déni du besoin naturel.
A la date du 11 mars 2014, l’Education Nationale qui estime que ... « ... le ministère a également un rôle à jouer dans la diffusion des bonnes pratiques en matière d'hygiène et de respect des lieux et des personnels... » annonce que la prochaine circulaire de rentrée portera « ... une attention particulière à l'environnement scolaire (sanitaires, cours de récréation, etc.) et à la qualité de son entretien... ».
Sûr que môssieur le vice-recteur de « l’île aux parfums », qui, fier de sa gestion économique, annonçait, voilà un an an, la suppression de 60 classes, fera alors autant d’interventions sur les médias, de "points presse", voire de "points d’étape" décrétés, que pour cette puante réforme des rythmes scolaires. 

PS : le ministre Peillon, prétendûment débarqué à cause de cette réforme, et qui a pourtant annoncé depuis longtemps qu’il quittait le navire pour se présenter aux européennes, doit commencer sa campagne sur une péniche, entre Lyon et Avignon ! 

PS 2 : la ministre Pau-Langevin est passée de l’Education à l’Outremer. Fait-on mieux dans le genre « Semer le vent et fuir devant la tempête » ?

PS3 : photo autorisée wikipedia google images / désolé de n'avoir pas disposé d'un cliché type "1er degré" (du point de vue de la communication publique, le syndicat auteur des "excréments de la République" est malheureusement plus corporatiste qu'altruiste ! 

vendredi 4 avril 2014

Fleury en Languedoc / POUR VIVRE HEUREUX, VIVONS CACHES ! (dernier tableau)

POUR VIVRE HEUREUX, VIVONS CACHES ! 



Ce quatrième et dernier tableau permet de comparer avec les communes proches et d'importance équivalente : 


IV
rang
Villages voisins
Argus
N/20
Dépense
€/hab
Dont de personnel
€/hab
Evolution dépenses % (+,-)
Dépense moy. type €/hab
%
Dép / dép. moy
Impôts, taxes
€ / hab
Evolution
Impôts/an depuis 2008
Dette
€/hab
évol.
Dette/an
Depuis 2008
% (+,-)
4       
Fleury
d’Aude             
0
3790     
1407       
+ 1.1
1187
319
1379     
+ 1.7
4126     
+ 0.8
53
Lespignan
12
1165
326
+ 10.3
1187
98
333
+ 3.5
686
+ 4.3
52
Nissan-L-E
14
1209
368
- 4.6
1385
87
433
+ 1.1
1026
- 3.4
54
Coursan
20
992
353
- 6.1
1530
65
331
+ 0.8
811
+ 1.3
56
Cuxac d’A.
18
933
317
- 0.5
1385
67
377
+ 2.8
331
- 7
57
Salles d’A.
17
893
355
- 2.3
1187
75
455
+ 1.7
460
- 4.8
58
Vinassan
17
870
293
- 0.8
1187
73
356
+ 1.6
712
- 7.5
59
Armissan
17
699
283
+ 2.3
1020
68
352
+ 6.4
538
- 3.4


Aussi accablant qu’incontestable, le constat :
FLOP 4 de tout le Languedoc-Roussillon ! Fleury dépense PLUS par habitant que Lespignan, Nissan et Coursan réunis ! (3790 € pour un Pérignanais > total de 3366 € pour Lespignan, Nissan et Coursan qui se mettraient en communauté !)
FLOP 3 de tout le Languedoc-Roussillon ! Le personnel de Fleury coûte QUATRE FOIS PLUS CHER qu’à côté ! (1407 €/hab / total de 1364 € pour Lespignan, Nissan, Coursan et Cuxac réunis !)
FLOP 4 de tout le Languedoc-Roussillon ! On paie DE TROIS A QUATRE FOIS PLUS d’impôts d’impôts à Fleury qu’à Cuxac, Salles et Nissan réunis ! (1379 €/hab / 1265 € pour les 3 voisins cumulés !)
FLOP 5 de tout le Languedoc-Roussillon ! Notre dette DEPASSE celle, cumulée, des 7 villages voisins ! (4126 €/hab. > 3564 € pour le total des 7 voisins !)

Mieux vaut vivre petit, caché mais heureux que péter trop haut en front de mer pour des gugusses qui vont trouver le feu d'artifice moins beau que l'année dernière et qui croient te faire vivre parce qu'ils font le marché et se paient quelques restos... Et qu’est-ce que ce serait sans la taxe de séjour !
J’écrivais en 2007 (1), à l’adresse des élus : « ... Dire que les autres nous envient le statut de commune riche ! Moi, j’échangerais tout de suite la facture en impôts locaux et je ne vois pas ce qu’une gestion "en bon père de famille" a de ringard ! Les vacanciers rapportent à quelques uns mais coûtent à tous les autres ! Certes les "Saint-Pierrois", sous couvert d’indépendantisme, se prennent pour des vaches à lait ; sans les attaquer, notons cependant que la station balnéaire nous a valu plus de déboires que d’avantages,dont un POS préjudiciable au développement démographique. Alors, un peu de solidarité s’il vous plaît ! »
Et puisque nous n’avons pas l’heur de vivre dans un proche « arrière pays », c’est à vous monsieur le maire, de nous sortir la meilleure gestion et non la moins mauvaise, pour qu’on puisse penser et dire que vous êtes bon et non élu par défaut, dans une continuité lourde de dépenses, de dettes et d’impôts à payer...
Dire non sans fierté que la commune atteint 50 000 habitants en période estivale, insister sur le tourisme en tant que pôle essentiel de l’économie locale, revendiquer un budget élevé pour l’animation, l’été, reste recevable si l’accueil des estivants ne se traduit pas par une charge supplémentaire pour les 3500 habitants permanents. Est-ce irraisonnable de demander une plus juste répartition des retombées ? Comme les ganivelles qui empêchent la mer d’emporter le sable de nos plages, vous êtes celui qui peut et qui doit faire en sorte que tant d’argent ne nous file pas entre les doigts... maintenant que la douloureuse liée à la Bulle de Fleury semble être derrière nous.   

(1) signé « Un cheval de retour » parce que je fustigeais l’ingratitude d’une population et plus encore des élus oublieux du passé, de tous les chevaux de trait qui ont su accompagner les hommes à la vigne... c’est aussi notre Histoire et nous y reviendrons ! (page 313 / Le Carignan / Pages de vie à Fleury 1 / chapitre "Vous qui m’êtes chers")
Photo autorisée :  goog. images / flick.com / ganivelles  Je n’ai malheureusement pu copier-coller les ganivelles de nos dunes (Saint-Pierre, les cabanes de Fleury), les photos de la mairie n’étant pas disponibles, ce qui contredit monsieur le maire rappelant, lors de sa campagne, sa citation préférée :  
« Tout ce qui n’est pas partagé est perdu ».

jeudi 3 avril 2014

Fleury en Languedoc / MOINS D’IMPÔTS EN VILLE ? DANS UNE PETITE VILLE ?



MOINS D’IMPÔTS EN VILLE ? DANS UNE PETITE VILLE ?  

Le tableau II rappelle, à partir du 18ème rang de La Palme, les changements induits par la prise en compte des villes, des petites villes et des villages voisins de Fleury.

II rang
Villes


Not
/20
Dépense
€/hab
Dont de personnel
€/hab
Evol. dépenses % (+,-)
Dépens moy.
type
€ / hab
%
Dép /
dép.
moy
Impôts, taxes
€ / hab
Evol
Impôts
/an dep.
2008
Dette
€ / hab
évol.
dette/an
dep 2008
% (+,-)
4       
Fleury
d’Aude             
0
3790     
1407       
+ 1.1
1187
319
1379     
+ 1.7
4126     
+ 0.8
18
La Palme
0
2129
270         
+ 40.7
1020
208
203       
- 10.1
530       
+ 0.3
21
Sérignan
2
2022
573
+ 2.2
1530
132
505
+ 3.8
955
- 8
22
Mauguio
6
1975
758
- 5.5
1691
116
605
- 0.8
1252
+ 2.8
24
Cerbère
0
1840
534         
+ 17.7
1020
180
625
+ 4.1
2950
+ 4.3
26
Elne
7
1753
720
- 8.1
1530
114
646
+ 0.8
1920
- 3.5
28
Portiragnes
1
1744
696
+ 2.3
1187
146
609
+ 4.1
960
+ 1.9
29
Frontignan
13
1736
678
+ 1.4
1861
93
320       
+ 3
1139
- 1.5
31
Torreilles
2
1691
610
- 2.6
1187
142
466
+ 3.2
454       
- 8
34
Narbonne
17
1650
527         
+ 2.1
2082
79
492
+ 1.3
1002
+ 1.4
35     
Port-Vendres
7
1632     
580
+ 9.9
1385
117
531
- 2.7
671       
+ 13
37     
Banyuls-sur-Mer
7
1597     
636
- 4.7
1385
113
844
+ 1.6
737
- 2.1
43     
Sainte-Marie
9
1507     
514         
+ 5.8
1385
108
439       
+ 2.5
640       
- 1.9
51     
Villeneuve-les-Maguelone
16
1216     
538
- 6
1530
79
536
+ 1.7
1741
- 5.6
54     
Vic-la-Gardiole
14
1024     
317         
+ 1
1187
86
322       
+ 3.8
657       
- 6.2












19
Nîmes
5
2115
606
 + 0.6
1930
109
709
+ 2
1473
- 1.8
20
Béziers
10
2095
803
0
2082
100
666
+ 3
1497
- 1.6
23
Perpignan
9
1959
698
- 1.8
1930
101
641
+ 2.9
1904
-3
27
Montpel-
-lier
15
1744
588
+ 2
1930
90
675
+ 2.1
887
+ 16.2
32
Carcasson--ne
14
1683
627
- 0.5
1861
90
691
+ 3
1242
- 4.1
34
Narbonne
17
1650
527
+ 2.1
2082
79
492
+ 1.3
1002
+ 1.4

Note 1 : plus la ville est loin dans le classement (en essayant de comparer aux stations balnéaires, [voir article précédent]), mieux c’est.
Note 2 : des villes comme Narbonne ou Béziers reviennent plus cher par habitant que Nîmes, Montpellier ou Perpignan, plus peuplées.  
Note 3 : le bon bilan de Narbonne n’a pas pour autant protégé la ville du tsunami bleu des municipales 2014.

III
rang
Gros bourgs, petites villes

Argus
N/20
Dépense
€/hab
Dont de personnel
€/hab
Evolution dépenses % (+,-)
Dépense moy. type €/hab
%
Dép / dép. moy
Impôts, taxes
€ / hab
Evolution
Impôts/an depuis 2008
Dette
€/hab
évol.
Dette/an
Depuis 2008
% (+,-)
4       
Fleury
d’Aude             
0
3790     
1407       
+ 1.1
1187
319
1379     
+ 1.7
4126     
+ 0.8

25
Rivesaltes
7
1754
416
+ 5.3
1530
114
351
+ 2.9
430
+ 7.8
29
Prades
7
1736
384
+ 2.5
1530
113
516
- 3.6
995
+ 4
33
Quillan
6
1656
582
+ 4.8
1385
119
652
+ 5.7
121
- 17.5
36
Pézenas
9
1618
603
- 3.8
1530
105
602
+ 0.3
1779
- 5.7
38
Bédarieux
9
1593
509
0
1530
104
706
+ 1.8
1307
- 1.7
39
Beaucaire
13
1589
669
- 1.3
1691
94
490
+ 1.8
650
- 4.7
40
Mèze
13
1588
585
- 3.4
1691
94
622
+ 1.6
1865
+ 2
41
Castelnaudary
13
1578
595
- 3.1
1691
93
465
+ 2
864
- 4.4
42
Lézignan-Corbières
13
1552
482
+ 1.6
1691
92
474
+ 3.5
922
- 7.5
44
Mende
16
1408
398
+ 9.1
1691
83
460
+ 4.6
618
+ 14
45
Céret
13
1371
408
- 0.8
1530
89
492
+ 3.1
1027
+ 0.1
46
Limoux
16
1376
577
- 2.2
1691
81
479
+ 2.7
1056
- 1.3
47
Pont-Saint-Esprit
17
1354
668
- 11.6
1691
80
696
- 1.2
1654
- 5.5
48
Lodève
14
1355
576
- 3.7
1530
88
489
+ 0.6
1160
+ 0.5
49
Clermont-l’Hérault
15
1262
554
- 2.4
1530
82
466
+ 2.7
1071
- 2
50
Alès
20
1261
447
- 4
1861
68
529
 + 2.7
977
- 2.5
51
Saint-Gilles
14
1201
324
+ 8.1
1385
87
390
+ 7.3
635
- 3.2
55
Florensac
18
965
298
- 1.6
1385
70
275
+ 5.1
438
+ 2.1

Les 17 stations balnéaires qui précèdent restent donc les localités les plus dispendieuses du Languedoc-Roussillon, plus dépensières que Nîmes, la moins bien notée des préfectures et sous-préfectures citées.  
Quant aux petites villes et gros bourgs, la pression fiscale s’y fait moins sentir et doit contribuer à une meilleure qualité de vie, non ?
Pour revenir finalement à la situation financière délicate concernant les contribuables de Fleury d’Aude, le tableau IV permettra de comparer avec les localités voisines ou proches.