Follow by Email

vendredi 12 décembre 2014

FLEURY D'AUDE EN LANGUEDOC / Le dictionnaire de Sabarthès

FLEURY et les mentions concernant la commune dans le Dictionnaire Topographique de l’Aude de Sabarthès :
Fleury, commune du canton de Coursan, église paroissiale dédiée à saint Martin, sénéchaussée de Carcas, Perignanum 1080Perinianum 1212, Perichanum 1221, Pelignanum 1257, castrum de Periniano 1271, Pevinhanum = Perinhanum 1303Pesyhan, Pesyhia 1476 : perignau, Perinhan, Perynhan 1537. En mars 1736, la terre de Pérignan fut érigée en duché-pairie sous le nom de Fleury, sur la tête de jean-Hercule de Rosset de Fleury / Pérignan 1807 / En 1814, le nom de Fleury est de nouveau adopté. 


L’Acquirou ferme / A la Quiro 1495 / l’Aquirou 1773 / La Quirou 1781.
Aiguesclaires lieu dit / Era Clara 1495 (coteau de Liesse)
Arpi anc fief royal
Baurène, anc fief royal Vaurena 1495 (entre les Cayrols et la route de la mer).
la Bâtisse Basse / La Bâtisse Haute
Birroust ferme
Boëde « une meterie appellée Boïde » 1773
Bourdigou bergerie
Bresenda ancien fief royal 1495
La Broutte ferme / Courtal de la Braute 1781 La Broutte XVIII carte Cassini
Les Buadelles ferme au terroir de la Clape / Buadelle 1763 / Lasbugadelles 1781 / Bagadèles cad / Las Bugadelos vulg
Cabibel, ferme.
La Caboujolette, lieu dit, ancien fief royal, « A la Cava Nageleto » 1495.
Canteperdrix, ancien fief 1495.
Le Capel ferme
Carabou, lieu dit, ancien fief royal, Carabot 1495
Le Cardaïre ferme ruinée, 1781
Cascabel ruisseau en limite de Fleury et Narbonne a servi à déssécher l’étang de Fleury (?)(1).
Chicollet ferme
Constantin ferme
Coste-Marie lieu dit1495
Le Courtal-Cremat ferme / Le Courtal-Nau 1781 (2)
Le Cros faubourg
Les Escourgeats cadastre Fleury section C
L’Estorte ancien fief royal 1495
l’Etang-Haut ferme
Etang de Fleury (voir Tarailhan)
Les Exals, anc étang oeil de mer entre la redoute de Saint-Pierre et l’église St-Pierre-de-la-Mer, communes de Narb et Fleu 1329 (3)
La Fontanelle ferme
Fontlaurier anc moulin vent XVIII
Le Fourraillou ancien promontoire Fleury Cap du Fourraillou 1773 Fourrouillou vulg
Gairèzes lieu dit ancien fief royal Salles et Fleury 1322
Gourgousan loc disparue ancien fief du roi, Gorgocianum villa 782
Granier bergerie, Lou courtal de Granier 1773
la Grangette bergerie 1773
Grau de Vendres Fleury mettait en communication l’étang de Fleury avec la mer.
Gui ferme 
L’Île Fleury entre l’ancien et le nouveau lit de l’Aude.
Le Jardin du Duc écart XVIII Jardin de Huc 1781
Landes ferme Fleury 1763
Le Léger ferme Fleury
Maille biau ferme ruinée Malhabiou 1781
Mire-L’Etang ferme Mirelestang 1781
Montbajou lieu dit
Les Montilles ferme
Le Mourel ferme, ruines
Moyau ferme Une meterie... et cazal ditte Mauya 1773
La nécli, ferme Une meterie dite l’Anécly 1773 La Nirly 1781 La Négly 1807 La Nécli cad
Notre Dame de Liesse chapelle rurale votive, ancien monastère de dominicains / « Les Jacobins de Notre Dame de Liesse » 1756 / « Les religieux de N D de Liesse, le couvent de N D de Liesse »  1773 / C’est encore à cet oratoire fondé par Louis de Vervins, près de l’ancien couvent des Dominicains, que s’applique ce document : « Sacellum Beatissimae Virginis de Laetitia » 1620. 


 L’Oeil-Doux, ferme et excavation
L’Oustalet ferme
La Pagèze ferme
Pech-Saint-Martin lieu dit au terroir de la Clape « Al Pos de Sant Marti » 1495
Pech-Ségur lieu dit Al Pos Segur 1495
Périmont ancien cap Cap Périmont 1773
Pissevaches étang desséché estang de Fleury... Pissecaques XVIII (4)
Pistolle ferme
Poujol ferme 1763
Poulombe ancien fief aujourd’hui lieu dit
la Poumayrol ancien fief royal Al Pomayrol 1495
Quarante-Ans ferme
Quinsa localité aujourd’hui disparue lieu dit Villa Quincianus 782
Réveillon ferme
Rivière-Bas / Rivière-Haut ferme
Saint-Bernard, Saint Etienne, Sant estève , lieux dits 1495
Saint Geniès lieu dit Sainct Genîeys 1495, Saint Giniès 1773
Saint-Laurent égl ruinée sur le bord de la mer ; ancien bénéfice uni à la préchantrerie de st-Just de Narb - sainct Laurens de la Mer 1484, sainct Laurès 1495, Saint Laurent 1773, Saint Laurent chapelle 1781
Saint-Louis 2 fermes
Saint-Martial lieudit au terroir de Vendres 1782

Saint-Pierre ferme / Saint-Pierre promontoire, cap de Sant Peyre 1586, Roc de Saint Pierre ou de la Valière 1771, Roc de Saint Pierre 1781
Saint-Pierre anc redoute 1781, station de bains de mer, chapelle 1781, «Al cinny de Sant Peyré 1495/ Eglise de St-Pierre, Hôtel des Bains, Roc de la Batterie, redoute voir Saint-Pierre-de-la-Mer
Saint-Pierre-de-la-Mer ferme ; anc commanderie de l’ordre de Malte « Domus sancti Petrus de Mari 1167 « Domus hospitalis Sancti Petri de Mare » 1179 ; « Sanctus Petrus de Mari» 1276 ; « Bastida seu grangia Sancti Petri de Mari »1305 ; « Preceptor Sancti Petri de Mari » 1305 ; « Domus Sancti Petri de Mari, sita in insula de Lico » 1329 ; « Sainct Pierre de la Mer » 1345 ; « Sant Peire de Mer » 1389-1589 ;  « Commanderie de Sainct Pierre la Mer » 1606 ; « Saint Pierre de Mer » 1781 ; Saint-Pierre cadastre

Saint-Pons lieu dit « Sant Pos »1495 « Saint Pons »  1773
Les Salines ferme, ruines d’une anc saline
La Tour ancien fief royal Fleury « A la Tor » 1495 voir La Tour du comte Pierre : Tour-Du-Comte-Pierre, ancienne tour sur le bord de la mer « Turris Comitis Petri » 1323 « La Tour de Comte Peire » 1389 - 1589 ; « Tour de Comte Peyre » 1763 ; « ruines de Contepaire » 1781
Traoucats ancien fief du roi, lieu dit 1495
Tuffarel, ferme le mas de Tufarel 1773
Valade ferme
Valras ancienne tour « Inter canalem stagni de Perinhano et turrim de Valras » 1495
Grau de Vendres embouchure de l’Aude qui se confond aujourd’hui avec le grau de Valleras ; issue des eaux de l’étang de Vendres limite des départements de l’Aude et de l’Hérault
Vidal ferme
La Vigie anc tour à signaux
Villary ferme disparue « Allayria » 1495 «Vilary, casa ruiné » 1773
Les Vinassanes ferme disparue « Les Vinassanes, cazal découvert 1773 (Courtal crémat XVIII (?)

(1) contrairement aux indications de Sabarthès, le Ruisseau du Cascabel avec celui de la Combe Figuière forment le Ruisseau des Bugadelles avant d’atteindre l’Etang de Pissevaches en tant que Ruisseau de Combe-Levrière (cours temporaires lors d’orages ou de périodes d’aigats) ; il ne saurait aller vers l’Etang de notre ancien terrain de rugby alimenté par les cours tout aussi intermittents venus surtout de la Cresse (96 m) et donnant sur le Ruisseau de la cave Maîtresse. Entre les deux « bassins » (45 mètres pour celui des Bugadelles authentiques, 36 pour le bas du Courtal Crémat) se dresse le col de la Crouzette à 60-67 mètres d’altitude. En vertu de quoi, le draînage de l’étang de Fleury ou de Tarailhan n’a été possible que par l’aqueduc de l’époque préromaine (ligure) qui rejoint la source du Bouquet au village. Ce souterrain suit en gros la côte 30 au-dessus de la mer et les puits les plus profonds (construction et entretien) se situent au lieu dit « Les Traoucats », entre le pech Azam et le moulin de Fleury.  
(2) Courtala catégorie courtal, parc, bergerie.
A Marseille terme injurieux et Mistral se demande si « courtala » signifie bêta en languedocien.
Cortal Panoccitan. org = bercail, bergerie, basse-cour.
(3) comme par hasard de la part d’une commune de Narbonne plutôt accaparatrice, la limite ne suit pas les points les plus bas du vallon, ce qui leur donne l’entière propriété du port par exemple... fan cagar !
(4) historiquement Pissevaches semble former la partie sud de l’étang de Fleury aujourd’hui appelé « la Matte », surtout par les chasseurs qui y entretiennent des gabions pour la chasse à l’eau. 

jeudi 11 décembre 2014

FLEURY en languedoc / ... « Ô moun païs » « E tu, moun vilatge... »

La topographie et surtout celle de Sabarthès qui n’a pas laissé transparaître la moindre faiblesse pour les lieux qui l’ont plus particulièrement connu (Azille son village natal, ensuite Narbonne en tant que vicaire, puis comme curé Grèzes, Cavanac, Leucate, Sigean), n’a que faire des états d’âme. Et moi, alors que je cherche une trame, un filtre pour considérer les entrées singulièrement fournies concernant notre commune, je ne peux m’empêcher de voir notre clocher et la Tour Balayard qui se découpent sur le soir lumineux et froid de décembre. Comme le poudaïre qui rentre, la fumée d’une cheminée dans l’air vif me réchauffe déjà le cœur... Et après les vers de Joachim du Bellay « Quand reverrai-je hélas, de mon petit village...», la voix chaude de Nougaro swingue dans l’atmosphère diaphane « Ô moun païs... » puis, quand Marti le rejoint au micro, je sais que ce n’est pas seulement le Cers glacé qui pique le visage et trouble les yeux... « E tu, moun vilatge, de vinha, d’oliu et de mèl...». Sans rien oublier, qui plus est à l’approche des fêtes et surtout Noël qui sait si bien resserrer les liens familiaux, après Armissan, Coursan, Cuxac, Gruissan, Salles et Vinassan, ajoutons Pérignan et Fleury aux boules et guirlandes de notre pin ! 

Dans le Trésor du Félibrige, pour Mistral, « Perigna » viendrait du bas latin « Perinhacum ». L’auteur précise « Pérignac » ou Fleury, ce qui nous laisse mi-figue mi-raisin... Quand Mistral préconise de voir l’entrée « flourido », la surprise s’ajoute à la curiosité sauf que cette piste n’apporte rien sinon la satisfaction d’être associés à une "fleuraison", une "quantité de plantes en fleur" .
Plus intéressante, la mention du sobriquet de l’ homme de Fleury traité de "sauto-roc", un cavaleur, un coureur... Peut-être remontait-il l’Aude vers Cuxac et Sallèles parce que la médisance régionale prêtait des mœurs légères aux filles de là-bas... Sinon, lou flouristo ou fluristo est bien l’habitant de Fleury... Après ce qui précède, le fait que le féminin ne soit pas mentionné exprime-t-il un réel machisme de la part de nos autochtones ?
Quant à Sabarthès, le sérieux de son étude ne saurait s’écarter en frivolités...

samedi 6 décembre 2014

VINASSAN / Aude, Languedoc : nos voisins


Ceux qui les traitent de pantigues ? Sûrement les reinarts ! Vous savez, les premiers habitants d’Armissan qui, comme les renards habitaient dans des grottes ! Et les pantigues sont ces sauterelles XXL qui dévorent les rameaux nouveaux puis les grappes en fleur des raisins languedociens. En français l’éphippigère, étymologiquement le porte-selle dont une espèce méditerranéenne : Ephippiger cruciger, l’éphippigère de Béziers. Ces bedonnantes qui ne peuvent pas voler font de la musique avec les moignons d’ailes, deux écailles en guise d’archet et de corde vibrante. Imaginez comme elles ont dû faire bombance lorsque la vigne a remplacé le blé. De quoi jouer ensuite du violon, avec les grillons, en attendant le concert des gragnotes, la nuit, dans la plaine.
Est-ce une erreur de voir le village plutôt tourné vers la plaine alors qu’une grande partie du territoire monte vers la garrigue ? Est-ce que la domination indécente de Narbonne dont les limites atteignent les portes de Cuxac, de Coursan, de Vinassan et d’Armissan, de Fleury même puisque, en pleine garrigue, en bas du Courtal Cremat, au ruisseau (plutôt un fossé à sec) de la Cave Maîtresse c’est déjà, c’est encore la limite avec Narbonne ! Fan cagar a la fin, sount pertout et fan pas rès ! Ah s’ils devaient nous rendre des terres comme ils ont dû rendre l’Aude, à force, vers son embouchure naturelle, notre canton ne s’en retrouverait pas coupé en deux ! Pas étonnant que nos pauvres villages en soient à se chamailler pour les quelques arpents qui restent. Encore heureux que les Coursanots et surtout les Vinassanots, rois de la braconne et de la maraude aient su historiquement leur soutirer des piboulades, des anguilles à la pelote et au parapluie et ces asperges géantes bien vertes des bords de canaux ! Bravo les Croquants, macarel !
Dans son Trésor du Félibrige, Mistral ne mentionne que le nom du village ... la fable de la pantigue et du reinart lui a échappé... et Sabarthès n’est guère plus bavard : 

« VINASSAN église dédiée à St-Martin / Fiscum Viniacum 899 / Vinasan 1595 / Binassà (vulg.)... Pas de date postérieure à 1595... et on reste d’autant plus sur notre faim que l’auteur en dit davantage sur Tarailhan et Marmorières 



Busquiers (chemin des) lieu dit terroir de Marmorières 1298 / carrière appellée des Busquiers 1606
La Fabrique écart
Font-de-Lègue lieu dit Vinassan ad fontem vocatum de la Leca 1322
Mader bergerie
Le Pradel anc fief au terroir de la Clape Narb et par extension Armissan et Vinassan 969
Saint-Félix ferme / saint-Martin ferme /

Tarailhan ferme / l'anc chapelle dépendait de la paroisse de Marmorières Ecclesia Sancti Stephani di Taralano 1324 / « la Bastida de Teralhan» 1495 / «Thérailhian 1807 / anc Etang de Tarailhan.

Marmorières Villa Marinorema = Marmoreria infra insula Lici 821
Parachol lieu dit Marmorières Vin 1293Marmorières Villa Marinorema = Marmoreria infra insula Lici 821
Parachol lieu dit Marmorières Vin 1293
Valmerdière lieu dit au terroir de Marmorières 1293  "Vallis Merderia" 1293"Vallis Merdaria" 1324

Etang Salin Vinassan et narbonne, restes du lacus Rubressus, desséché 1585 grâce au canal Ste Marie, salines mentionnées en 844 estang salin ou marais de la Clape 1680. Le canal de l’etang-Salin ou de Ste marie prend à Coursan le trop-plein de la riv Aude, arrose les bases plaines de Coursan (A l’estang 1768), Armissan (Tot lo lonc de l’Estanh 1537), Narb et se jette dans l’étang de campignol au roc de Conilhac (déjà mentionné pour Coursan et Armissan).
Au XVI ème, l’asséchement permit un gain de terres et l’accroissement de la population.


Vinassan n’en demeure pas moins un village attachant qui nous offre encore l’eau de son puits artésien (indispensable pour tremper les légumes secs!). Un clic sur le site très intéressant de la mairie (http://www.vinassan.fr/) permet d’en apprendre sur le peuplement du village, le docteur Montestruc, la glacière, la pompe du curé... peut-être le père Barbe connu pour ses préparations médicinales dont une fameuse potion pour les yeux. Dommage que la belle cave coopérative aujourd’hui disparue (pionnière du vin rosé dans les années 70 !) ne figure point sur la page de la commune...  

photos autorisées :
Cave coopérative de Vinassan crédit photo http://www.laregion-culture.fr/cultureetpatrimoine/cavescoop/cave-distillerie/cooperative-vinicole-vinassan-11

mercredi 3 décembre 2014

LA BAPTISTINO... / Fleury d'Aude en Languedoc


« La Baptistino al peiroun amé soun amourous,
Se passéjavount toutis dous,
se fasion de poutouns... »

Allez donc savoir pourquoi, de bon matin, je chantonnais « la Baptistino...», sur l’air de «Viens poupoule...» en repensant à tous ces perrons, du moins à ces devants de portes aménagés ou non, dont l’entrée des maisons dites "de maître" (1), où nos gens prenaient le frais, occupés surtout à converser... et à petoufiéjer, à "peler" celui ou celle qui venait à passer (lous vestisiont per l’ivern !)(ils les habillaient pour l'hiver !).
Trêve de diversions, à toujours ouvrir des parenthèses, je ne le sais que trop... D’ailleurs, ces dernières semaines, je les cherchais ces chansons plutôt crues ou paillardes, celles que notre bon capitaine lançait dans le car, en bon meneur, en français pour une histoire d’asticots sur le dos d’un macchabée, en languedocien pour les couplets bouffeurs de curé et la femme en chaleur de Richichiou (2). En fredonnant la Baptistino, tout en me demandant comment ils font pour se poutounéjer (s'embrasser) sur le perron tout en se promenant, je me dis au moins qu’il me reste quelque chose. Mieux même parce qu’il n’y a pas plus gentil que notre capitaine, serait-ce pour ses plaisanteries, son rire contagieux, ses moqueries plus qu’amicales puisque marquées par la camaraderie, une jeunesse en partage ! Je repensais, que cet été, je l’ai revu, ce copain des jeunes années, pour le feu d’artifice des Cabanes et j’ai été tellement attrapé que je suis passé pour quelqu’un de distant, presque incorrect en ne saluant que de loin le groupe qui l’accompagnait (pardon les filles...). Et lui, je crois lui avoir seulement et tout bêtement serré la main... comme si cette pudeur imbécile convenait mieux alors qu’un demi-siècle n’a rien effacé de la complicité passée. Mais on ne s’embrasse pas, entre hommes, on ne se laisse pas aller aux effusions. 




L’aigre-doux de la nostalgie ordinaire et des remords passa à l’âpre et à l’amer lorsque, deux mois plus tard, arriva du pays une triste nouvelle, celle du décès soudain du frère né après lui, parti trop tôt, à un âge où tout devrait encore sourire. Un garçon gai, ouvert, qui aimait rire, comme tous, dans leur nichée bien fournie. Je le connaissais plus pour la pétanque, aux beaux jours... Un bon tireur... Je le vois, comme si c’était hier, au ramonétage ou pour le concours de la fête des pêcheurs, préparant son geste, le buste un peu sur le côté, la main droite et la boule à hauteur du visage. 



Pour le frère parti que j’ai croisé aussi, une fois, par trop banalement, comme si cela l’était de voir quelqu’un vivant, de le rencontrer sans trouver ce hasard formidable (3), laissez-moi le serrer fort, mon capitaine du rugby ! Sans rien dire, seulement pour faire front à l’oppression, par instinct seulement, pour l’enfant insouciant qui va vers l’adolescence puis vers l’âge adulte, toujours désinvolte, parce que cette légèreté s’épaissit avec l’âge. Laissez-moi le serrer fort pour tout cela sans rien penser, en se laissant seulement porter par les sensations... C’est indécent d’analyser et trop de mots corrompent le cœur, c’est sûr. Laissez-moi le serrer fort pour ces liens qu’on croirait lâches mais qui restent si forts, à notre insu, entre camarades de jeunesse, parce que nous étions heureux comme la volée de moineaux racoleurs sur le haut mur derrière chez lui, dans une quiétude qui est déjà celle de la campagne, du temps des fleurs en grappes des faux acacias, parce que nous ne savions pas voir non plus la fatalité inéluctable telle celle du canon de la carabine pointé vers les innocents muraillers (4) en habits de fête. 



La vie en suspens et tout autour, exceptés les pépiements effrénés, la solennité des pierres de taille, une rampe de château pour une remise immense, la clé de voûte altière d’un portail imposant, fermé sur la fraîcheur d’une cave mystérieuse et profonde. Ces belles bâtisses nous laissaient d’autant plus une large impression d’opulence pérenne que nous étions chez le gros propriétaire qui logeait ses ouvriers. C’est vrai que tout est plus grand pour des enfants qui ne réalisent même pas que le gros propriétaire n’est qu’un petit homme, plus petit encore sans son chapeau, plus mince sans les épaulettes de sa veste de gentleman-farmer, épais de la simple mention "Monsieur" que les manants ont collé, par tradition et non sans duplicité, devant son nom...


Les adultes issus des enfants de jadis continuent de sautiller et de chanter des chansons bêtes. S'ils n’ont même pas remarqué que les petits moineaux se font rares, comme eux, sans voir la mort qui les emporte un à un, ils entonnent néanmoins « La Baptistino al peiroun... d'un monde beau et insouciant de la seconde fatale qui finira bien par arriver. 

(1) suite à l'explosion des cours dus aux crises de l'oïdium vers 1850 puis du phylloxéra dans les années 1870.
(2) http://www.limoux-aude.com/chansons-traditionelles/ritchichiu
(3) alors que de quatorze à vingt-cinq ans en gros, nous appartenions à ce même groupe d’âge appelé la « jeunesse ». Que reste-t-il aujourd’hui, à l’heure de l’individualisme forcené, de cette cohésion générationnelle passée ?
(4) nom donné dans le Sud au moineau qui niche surtout dans les trous des murs. 



photos autorisées : merci wikipédia et commons wikimedia.

mardi 25 novembre 2014

Aude & Languedoc / BONJOUR SALLES, BONJOUR LES FAGOTS !


« Fleury est sale, Salles est fleurie...": Sabarthès qui n’avait pas à s’embarrasser des guéguerres entre villages, note cependant «L’Ètang-Pudis, anc. étang, commune de Salles-d’Aude / A l’Estang Pudis, 1701 (comp., p. 6) / Estampudis (cad.)(1) ».
Si mes trufarios rappellent un temps heureusement révolu de piques et de bisbilles entre nous, retenons plus sérieusement que des marécages ont accompagné le colmatage, par l’Aude, du bras de mer entre la Clape et les collines de l‘Hérault. Des salines existaient à Coursan, et à Salles, l’archevêque tirait bénéfice d’une « poignée de poissons qu’il prend au rivage » (2). La présence, encore de nos jours, de nombreux marais, témoigne toujours de ce travail du fleuve : étangs de Capestang, de la Matte (Lespignan), de Vendres, de « la Matte » et de Pissevaches qui subsistent de ce qui fut l’Étang de Fleury (3).
Le nom Salles viendrait du francique « Saal » voire du germanique « sala » (château, demeure fortifiée, manoir) (2).

Mentions du nom dans le dict. topograhique de Sabarthès :
Salles d’Aude 966 église dédiée à St-Julien
Salae 966, Castrum de Salis 1322, Salas 1402, Al loc de Sallas..., Salhas 1537, Salles 1781, Sàlos (vulg.) (4)

Autres mentions concernant le lieu :
Combe d’Alprat moulin à vent Salles 1781
Taysseferrals moulin vent Salles 1781
La Lauze moulin à vent Salles 1781
Le Moulin à vent, écart, Salles : la Moulinasse moulin ruiné Salles

Besplas 1701
Le Bosc bergerie 1781
L’Etang-Pudis 1701
Salles : A capite de l’Estanhol 1322 (Céleyran)
Fontpétière lieu dit
Gairèzes lieu dit ancien fief royal Salles et Fleury 1322
Gauthier écart
Granouillet ferme 1781 Granouilhet 1701
Jasse de Claret bergerie
Lamotte ferme 1781
Maison du Pontonnier écart
Maurel ferme
Le Pech château et ferme
Les Portes ferme
Pépy écart
Rouch ferme / Rouch et Dalbosc 1763
Saint-Blaise chapellenie 1701
Saint Cassian chapelle rurale de Céleyran fondée par Charlemagne Sanct cassian de Cereyran 1404
Saint-Louis ferme.

En 1912, Sabarthès indique quatre moulins sur la commune et ces mentions évoquant le blé à moudre laissent une impression de quiétude pour une époque où le pain constituait l’essentiel de la nourriture. Au-delà de la vision bucolique et prospère d’un Maître Cornille sallois avant que la minoterie à vapeur ne s’en mêle, me revient l’étude fouillée qui en a été faite sur le site officiel d’Armissan. Son auteur, en effet, se demande si les paysans ne sont pas redevables de leurs meilleures conditions de vie à la construction des moulins, "ordonnée" par Bonaparte. S’il est incontestable que l’organisation de la France a été prise en main autoritairement par le Premier Consul qui décide même des surfaces devant être cultivées (la spéculation n’est plus possible sur le marché des grains, la corruption combattue,les brigands éliminés, les routes rendues sûres...), la pression étatique portée par les préfets, les contrôleurs, les percepteurs n’en demeure pas moins forte et l’amélioration de la condition paysanne vient avant tout des bonnes récoltes enregistrées déjà sous le Directoire (un moulin construit à Armissan), entre 1796 et 1799 puis sous le Consulat et l’Empire jusqu’en 1809 (5) (6). 


Nous reviendrons sur les moulins et plus particulièrement les meuniers pour la fiche concernant notre village parce qu’on ne saurait passer sous silence l’affaire du moulin de Fleury...

Entre Fleury et Salles, en plus de la cave coopérative et du rugby, bien sûr que des liens aussi amicaux que familiaux nous lient à ceux qui sont plus que nos voisins. Des Sallois illustres marquent nos mémoires communes : Alexandre Macabiès (« Escrivi coumo lou pople parlo...» , Clovis Roques, Jean Camp qui, serait-ce a contrario, dit si bien que nous sommes du même pays, du même moule :
« ... S’as doublidat toun bel terraire,
Ses pas mai das nostris, goujat ! » Lou Doublidaïre 1916.

(1) Toujours mentionné sur la carte IGN Béziers au 25/1000ème entre l’Aude et les canaux de France et des Anglais qui drainent l’Étang de Capestang.
(2) SOURCES : Vilatges al Pais / canton de Coursan / Francis Poudou et les habitants du canton / 2005. Pour les anciennes mentions des villages, la bibliographie mentionne expressément le dictionnaire topographique de Sabarthès.
(3) ne pas confondre avec l’étang depuis longtemps desséché de Fleury que nous connaissons sous la simple appellation « L’Étang » dans, pour, par exemple, notre ancien stade « de l’Étang ».
(4) Dans le Trésor du Félibrige de Mistral, plusieurs entrées concernent Salles-d’Aude : Salo-d’Aude, Saloi, Saloio, fagot = sobriquet des gens de Salles-d’Aude.
(5) Sous le Directoire, période transitoire d’instabilité tant extérieure qu’intérieure, qui voit l’armée garante des coups d’état pour le maintien en place des Directeurs, alors qu’une minorité de parvenus jouit de richesses rapidement acquises (indécence aussi des Muscadins, Incroyables et autres Merveilleuses) et que le peuple meurt de faim, les récoltes furent heureusement bonnes entre 1796 et 1799 : davantage de pommes de terre, progrès de la culture du tabac, des plantes fourragères et surtout de la vigne. La production de blé restera bonne jusqu’à la récolte de 1809 mais les récoltes de 1810 et 1811 furent déficitaires et cette dernière provoqua la disette et les troubles. SOURCES : Malet-Isaac, Les Révolutions (cours de seconde 1960).
(6) Pour conclure sur les moulins à blé et l’interrogation résultant de la consultation de la topographie de nos villages, une considération sur le nombre de moulins à vent (12000) qui a explosé sur les trois derniers siècles du Moyen-Age. Ils ont surtout pris en charge la part alimentaire dévouée jusque là aux moulins à eau, à l’implantation beaucoup plus ancienne et bien plus lente (10000 en 1000 ans). SOURCES : Les Premiers moulins à vent, Robert Philippe, Annales de Normandie, année 1982, volume 32, numéro 32-2 pp. 99-120.
En 1802, alors que Chaptal est au ministère de l’Intérieur, on compte 66000 moulins à eau, 10000 moulins à vent. Il en demeure moins de la moitié un siècle plus tard (37051), plus de 6000 étaient encore en activité en 1950 et seulement 650 voilà une vingtaine d’années. 


Photos : Cucugnan, moulin d'Omer restauré... peut-être libres du site flickr.com. Route de Nissan et ancien pont... parce que c'est seulement lorsqu'il est refait que l'on se dit mais trop tard qu'on aurait dû prendre l'ancien en photo !
N'hésitez pas à envoyer vos photos, par exemple de l'horloge de la mairie ou du château de Salles...

samedi 22 novembre 2014

Aude & Languedoc / GRUISSAN

«... Et la tour Barberousse
Qui se mire, grave et douce
dans les eaux de l’étang...» "Gruissan mes amours" Charles Trénet (1)


 
GRUISSAN, même défiguré par les verrues de l’aménagement touristique, mérite cependant de figurer parmi les plus beaux villages de France. La carte postale montre, au milieu des étangs, la Tour Barberousse couvant le vieux village, sur fond de garrigue et de pins... Enfin... pas tout à fait, parce que, entre les calcaires de l’Ile-Saint-Martin et les barres de la Clape, une trouée balayée par le Cers nous laisse imaginer une galère romaine remontant avec peine vers Narbonne.
Lina Bill, de son vrai nom Louis Bonnot, né à Gruissan dans une famille d’armateurs, en rend si bien l’atmosphère, depuis des lieux aujourd’hui disparus comme «Les Petits Pois » où ceux qu’il est encore possible de retrouver comme le Coudoun ou Garbirou. Sur l’Internet, ce serait bête de s’en passer :
https://www.facebook.com/LinaBill/photos/pb.407233112630596.-2207520000.1416629547./761659563854614/?type=1&theater
http://gruissan-linabill.blog4ever.com/photos/vues-gruissan-lbill
 

 Gruissan inspire, assurément. Avant de reprendre notre propos, rappelons seulement le riche passé d’un village de marins, pêcheurs du Golfe ou capitaines au long cours, le souvenir des catalanes ou des tartanes, bricks et goélettes et même d’un croiseur perdu aux Dardanelles... (2)

GRUISSAN dans le Dictionnaire Topographique de l’Aude d’Antoine - Auguste Sabarthès (3).

Mentions du village : L’église est dédiée à l’Assomption de la sainte Vierge. Gruxau 1080, gruissanum 1156, Groissanum 1227, Grussan 1259, Castrum de Groishano 1289, Villa de Grussano 1302, Gruyssanum 1326, Groxsa 1342, Castrum de Grossano 1344, Grucssan 1590, Gruixa 1594, Gruisau 1671, Gruissan 1781, Grusà (vulg.)

Gamarre étang île St-Martin 1771
Etang des Bordières atterri
Goule d’Aude ancienne embouchure de l’Aude dans l’étang de Gruissan
Les Gouttes ancien étang 1771
Grau de Narbonne ancienne entrée du port serait celui de Vieille Nouvelle
Le Grazel entrée de la mer dans l’étang de Gruissan 1270
Etang de Gruissan ou de la Gourgue au nord de l’étang de Campignol 1346

Clap dels Auzils 1305 / Chapelle des Auzils reconstruite en 1635
Combe de l’Habit, ruisseau au terroir de la Clape, limite Gruissan et Narbonne, se déverse directement dans la mer. 1329
Foncaude ferme au terroir de la Clape 1781: fontaine-Salée lieu dit 1396
Les Issarts lieu dit au terroir de la Clape communes de Narb. et Gruissan
Le Rec ferme au terroir de la Clape 1781
Trou de la Crouzade grotte poteries, silex, ossements
Foun-del-Gorb source et grotte

Cabane de Rolland ferme disparue 1537
Combe l’Abeille, bergerie 1807
Le col de l’Etroit moulin à vent
Les douanes, les Douaniers écarts 1781
Enferrech métairie 1771
l’Estagnol ferme
Galinat ferme de l’île st-Martin XVIII
Jasse de l’Evêque ferme
Les Justices lieu dit
L’Oeil de-Pal, ferme
Le Pas de Lascarettes ferme 1781
Pech des moulins 3 moulins
Peyredroite 1771
Pech-Rouch lieu dit fourches patibulaires de la seigneurie de Gruissan 1329 Pech-Rouge cad Narb
La Pierre Droite ferme
La Plaine ferme La Plano
Planasse lieu dit
Porte-du-Pujos / la Porte-En-Bonnet / lieux dits
Raynac ferme disparue
Saint-Blaise chapellenie 1756
Sainte Eulalie lieu dit 1771
Sainte-Lucie ferme 1807
Saint-Félix 1771
Saint Laurent ferme
Saint-Michel anc. égl. rurale au terroir de Pech-Maurèze
Saint-Obre ferme 1537
Saint-Louis-de-Campignol ferme
Saint-Martin anc île auj. presqu’île L’Isle 1781
Las Tinos ferme

(1) En complément des mots, pensez aux sons et images de youtube ou dailymotion par exemple...
(2) En témoignent les cénotaphes de l’Allée des Naufragés, bordée de pins et de cyprès, qui monte à la chapelle des Auzils.
(3) Après celles du village, les mentions portant sur les étangs, la Clape, les différents lieux occupés, sont arbitrairement regroupés. 

                              Gruissan, chalets sur pilotis.
  Photos autorisées : wikipedia et commons wikimedia.

vendredi 21 novembre 2014

Aude & Languedoc / CUXAC D’AUDE

CUXAC D’AUDE, pays d'Escalaïs, de Papinaud et de Pélissier.

Depuis Coursan, après les charmantes maisonnettes en surplomb de l’Aude et qui doivent avoir une histoire à raconter, après le passage à niveau, la départementale sur la digue suit un coude serré de l’Aude. Avant de retrouver la grande plaine à vignes (il y eut un temps des pommiers), on ne se doute pas que cet endroit, le Prat du Raïs, a connu nombre de brèches par lesquelles les inondations ont envahi Coursan. Plus en amont, le fleuve a toujours menacé Cuxac.
Les 13 et 14 novembre 1999, un aigat (1) cause la mort de quatre personnes : dans les lotissements des Garrigots et des Olivettes, l’eau est montée au niveau des toits (jusqu’à 3 mètres d’eau)(2).
Début 2014, dix kilomètres de digue sont enfin inaugurés mettant fin à des années de crainte et d’attente.
Après cette référence au risque répété d’inondation, quelques petits rappels historiques, juste pour vous donner envie de mieux connaître Cuxac-Rive d’Aude.
En 1355, grâce au château renforcé et fortifié une quinzaine d’années auparavant, Cuxac résiste au Prince Noir (Prince de Galles) dont le raid dévaste le Languedoc (notamment Narbonne, Ouveillan... nous en parlions pour la muraillasse d’Armissan).
Aux XIVème et XVème siècles, des privilèges profitent à la population. Notons par exemple que les délinquants doivent être jugés par les co-seigneurs de Cuxac et non à Narbonne (2), manière de rappeler une moquerie, una trufo sus las gents d’aïci : « Sios fait quand passes lou pount et qu’es veit ouros ! » (3) 


CUXAC dans le dictionnaire topographique de l’Aude de Sabarthès.
Eglise dédiée à saint Martin, ancien fief royal / Sabarthès détaille 39 appellations de 959 à 1807 ! Cugciacum, Cugciagum 959... au xème siècle, on disait encore Géminian ; Cucuciacum 992, Cucuciagum 1005, Cucianum 1049 -1494, Cuciacum 1215, Cutciachum 1271, Cursiacum 1332, Cutsac 1382, Cucsac XIV... Cucxac, Cutsac 1589, Cuxac Rive d’Aude 1807, Cutsàc (vulg.)
Canal de Cuxac à Lespignan communes de Cuxac et Coursan
Cuxac Cugciacum 959
Le Prat du Raix ancien fief autrefois Narb, auj Cuxac 1163
Lauzerdat ancien fief Coursan et par extension Cuxac 1768
La Mateloun Cuxac La Magdelon 1781
Rabes ferme Cuxac anc enclave de Narbonne jusqu’au nouveau cadastre 1712
Saint-Antoine ferme disparue.
Saint Baudile ancienne église rurale 1163
Sainte-Catherine
Saint-Jacques lieu dit près de la chapelle ND de Magrie 1769
Saint Joulia moulin à vent
Saint-Michel anc égl et décimaire
Saint-Pierre anc chapelle 1595
Saint-Pierre-de-Lieuran anc décimaire 1163
Le Vern anc moulin sur l’Aude ruiné en 1397
Canal des Trois Ponts rigole d’arrosage Cuxac et Coursan

(1) inondation provoquée par un « épisode cévenol », conjonction de phénomènes météorologiques bloqués par le pourtour montagneux et qui déversent des pluies diluviennes sur le Languedoc et le Roussillon.
(2) SOURCES : Vilatges al Pais / canton de Coursan / Francis Poudou et les habitants du canton / 2005. Pour les anciennes mentions des villages, la bibliographie mentionne expréssément le dictionnaire topographique de Sabarthès.
(3 )«Tu es fait si tu passes le pont et qu’il est huit heures (du soir) ! » in Caboujolette / Pages de vie à Fleury II / François Dedieu.

photo autorisée wikipedia : Cuxac, l'hôtel de ville.

jeudi 20 novembre 2014

Aude & Languedoc / « LES VOICI REVENUES, COURSAN, TES GRANDES HEURES...»

« LES VOICI REVENUES, COURSAN, TES GRANDES HEURES...» C’est par ces vers que Jean Camp, auteur et poète sallois amorce son prologue pour honorer Coursan où se joue Le Cid de Corneille... (Coursan était connue, je crois, pour donner des représentations théâtrales et des concerts de renommée au moins nationale. Je me demande aussi si Coursan n’a pas été nommée capitale du vin ?). 

                                                                 Vue de l'Aude vers l'amont
 
Le fleuve Aude est intimement lié à Coursan : le pont, le mur pour protéger le quartier de la Barque, les crues dévastatrices, accessoirement les litiges avec Cuxac, en amont... mais aussi la fertilité remarquée de la plaine du temps où on cultivait les céréales...    

                                                             Notre Dame de la Rominguière

COURSAN / Eglise dédiée à la sainte Vierge / ancien fief royal / sénéchaussée de Carcassonne.
Villa corcianum 933,  Castrum de Cortiano 1195,  Castrum de Corciano 1265, De Curciano 1364, Corsien 1382, Corssan 1402, Corsa 1468, Coursan 1781, Cursà (vulg.) (1) 


Si les historiens sont d’accord pour penser que Coursan n’existait pas à l’époque romaine, le Lac Rubresus recouvrant encore son site, ils le sont aussi pour attribuer l’origine du lieu à un propriétaire de domaine gallo-romain nommé Curtius plutôt qu’à une Via Curtia, variante plus courte de la Via Domitia.  
La plaine est donc une construction de l’Aude, ce fleuve dit-on parmi les plus travailleurs de France (2). La Clape fut une île et sur certaines cartes le Pech Celeyran, à l’est de Coursan, figure en tant qu’îlot. La première partie des notes illustre ce travail de comblement qui a parfois enterré le rez-de-chaussée des maisons.

   
                                                            Vue vers l'aval depuis le pont SNCF

Canal de Cuxac à Lespignan communes de Cuxac et de Coursan
La Carbonne, nouveau lit de l’Aude , fin XVIII 1775
Etang de Coursan aujourd’hui désséché 1329
l’Île L’Isle 1768
La Lubane anc salines 1048 « las Seignes » jadis la Lubane 1768
La Mayral ruisseau « Alha Mayralh » 1537
Le Passelis rigole alias canal de Grand Vignes déverse ses eaux sur Campignol, à Coursan et à Narbonne.
Pontcerme ferme 1352 (passage de la Via Domitia des Romains). 
Porte-Notre-Dame lieu dit Coursan 1768 Canal des Portes rigole Coursan
Saint Sébastien anc jardin «L'Orte de Sant Sebastia « 1579 / Les Salines lieu dit ; en 1218 il existait 14 salines au terroir de Batipalmes
Canal des Trois Ponts rigole d’arrosage Cuxac et Coursan
Etang Salin Vinassan et narbonne, restes du lacus Rubressus, desséché 1585 grâce au canal Ste Marie, ‘salines mentionnées en 844 estang salin ou marais de la Clape 1680. Le canal de l’etang-Salin ou de Ste marie prend à Coursan le trop-plein de la riv Aude, arrose les bases plaines de Coursan (A l’estang 1768), Armissan (Tot lo lonc de l’Estanh 1537), Narb et se jette dans l’étang de campignol au roc de Conilhac

Autres mentions pour Coursan :
Coutelle ferme Coutel XVIII
Les Faisses autrefois l’orte Nalguier 1768
Font-Sabatière lieu dit 1537
La Française ferme 1763
La Gare lieu dit  anciennement « Tres Gourgs » 1768 (voir prade des Prud’Hommes)
Granselve ferme  1265
Les Homs lieu dit « Als Homs » 1536
l’Horte écart  Ort de saint sébastien ou Ort de Nouvel anciennement appelé Gordenal 1768
Gui ferme  1763
La Bastide d’En-Gasc lieu dit 1579
Luzerdat ancien fief et par extension aussi à Cuxac 1768
Maira lieu dit 1326.
Notre Dame de la Romiguière anc confrérie et chapelle 1606
Ombret, ferme 1763
le Pas-du-Loup lieu dit  Pas del lop 1537
Pech de Cours lieu dit 1218 ou Pas de Layssède 1768
Peyreficade lieu dit entre Narbonne et Coursan « Peyra ficada » 1453
Les Ranes lieu dit 1768
Razimbaud moulin à vent 1807
Ricardelle ferme alias Ricardelle de Lautrec
Ronis lieu dit Ronis anciennement Pech d’Arènes 1768
Rotecas lieu dit 1264
Saint-Blaise chapellenie 1791 / Saint-Etienne lieu 1768 dit anc Saint Estève 1534
Sainte-Marie lieu dit  Saincte Marye 1579
Saint-Firmin lieu dit 1218 / Saint-Gibon lieu dit (es un singé aco, non ?)
Souc lieu dit
La Tour ferme
Vié ferme
La Vinassane lieu dit

(1) A noter que le « vulgairement parlant » de Sabarthès concerne la langue occitane dans sa variante languedocienne, ce qui dénote peut-être de la part d’un auteur qui aurait aussi publié en occitan, un concours plus français pour cette commande de l’Instruction Publique nationale. 
(2) A partir de Moussoulens et jusqu’à la mer, la pente n’est plus que de 0.34 m au kilomètre et les sédiments se déposent exhaussant le lit du fleuve... l’Aude, avec ses crues qui submergent rapidement la plaine, est notre Huang-Ho à nous...  

SOURCES : Vilatges al Pais / canton de Coursan / Francis Poudou et les habitants du canton / 2005. Pour les anciennes mentions des villages, la bibliographie mentionne expréssément le dictionnaire topographique de Sabarthès.

mercredi 19 novembre 2014

Aude & Languedoc / BONJOUR ARMISSAN !

BONJOUR ARMISSAN !
Salut les Armissanots, il est loin le temps où, avec Diego, pour finir la sortie du dimanche matin, nous avons eu l’idée formidable de déguster quelques crus à la coopé avant de se payer la côte de la Ramade, à la pédale, en plein cagnard ! 
Que nous dit le dico de Sabarthès sur ARMISSAN ? 

NB : erreur sur Wiki, l'église du village n'est pas dédiée à saint Pierre... pour cela, voir la Muraillasse. 

ARMISSAN église dédiée à saint Etienne / Arsimicianum 966, Artimicianum 978, Villa Artimicianum 990, Armisanum 1235, Armiciauum 1256, Castrum de Armissano 1271, Ermissanum 1398, Armyssan 1402, Hermissan 1503, Ermissan 1389-1587, Armissa 1521, Armyssa 1537, Armisan 1595, Armissa 1781, Armissà (vulg.)
Bringairet 1649
La Bruinière au terroir de la Clape  1781
Cague-loup, lieu-dit, 1250 (1)
Combe d’Armengaud 1293 (2)
Combe Longue, 1308
Combe Louvière 1308
Olivédo ferme
Le Moulin haut, écart (2)
Peyralade lieu dit Armissan 1673
Le Pradel anc fief au terroir de la Clape (Narb et par extension Armissan et Vinassan) 969
Saint-Jean lieu dit 1672 / Saint-Pierre-del-Roc XVIII / Saint-Pierre-du-Lec ancienne chapelle.
La Tourouzelle lieu dit, «Toroselle (en marge Terroselle) 1327-1500
Etang Salin Vinassan et Narbonne, restes du lacus Rubressus, desséché 1585 grâce au canal Ste Marie, salines mentionnées en 844, estang salin ou marais de la Clape 1680. Le canal de l’étang-Salin ou de sainte Marie prend à Coursan le trop-plein de la rivière Aude, arrose les basses plaines de Coursan (A l’estang 1768), Armissan (Tot lo lonc de l’Estanh 1537), Narbonne, et se jette dans l’étang de Campignol au roc de Conilhac.


 
Rien sur les carrières de la fameuse « pierre d’Armissan », rien sur la Muraillasse, ce pan de mur imposant qui borde la route d’accès au village près du domaine de Cazeneuve (Cazanove cadastre 1912). Il s’agirait d’une église datant du XIII ème et ruinée par les Anglais et les mercenaires du Prince noir.

(1) Présence de loups avérée dans la Clape encore au XIXème siècle.
(2) Une pensée pour Riquet de Salles...
(3) sur la carte IGN 25000ème, trois moulins (ou leurs vestiges) sont nettement situés au N-O : « le Moulin-Bas », de « Rossignol », « de Catou ». 

photos : merci wikipedia !

mardi 18 novembre 2014

Fleury en Languedoc / DICTIONNAIRE TOPOGRAPHIQUE DE L’AUDE


Leucate : Le littoral à l’origine de la localité est cité dès le Ier siècle : « Ultra est Leucata, littoris nomen » ( Pomponius Mela De situ orbis libri III, éd. Panckoucke, Paris 1847 ; i,n 8è).

Le DICTIONNAIRE TOPOGRAPHIQUE DU DÉPARTEMENT DE L’AUDE comprend les noms de lieu anciens et modernes (sic).  Rédigé par l’abbé Sabarthès, curé de Leucate, membre non résidant du comité des travaux historiques et scientifiques, officier de l’Instruction Publique / Paris Imprimerie Nationale MDCCCCXII
Dans cette collection, vingt-sept volumes sont parus entre 1861 et 1912 dont, concernant le Languedoc-Roussillon, l’Hérault (1865), le Gard (1868).
Ce DICTIONNAIRE TOPOGRAPHIQUE DE LA FRANCE formant l’ensemble est publié (il est plus qu’utile de le rappeler) PAR ORDRE du ministère. Dans le même arrêté, un commissaire  (M. Eugène Lelong, membre du comité des travaux historiques et scientifiques) responsable de l’impression et de l’édition a été nommé, notons encore en passant qu’il est expressément cité comme doivent l’être, en principe depuis 1983, les fonctionnaires...

Les noms ont été classés d’après leur terminaison (origine gallo-romaine) ou comme appartenant à la période franque; figurent aussi les noms de châteaux ou de lieux fortifiés, les noms liés aux activités (bergerie, forge, moulin, tuilerie, etc.), les noms rattachés à la religion (chapelle, pèlerinage, décimaire, oratoire, croix rurale, etc.). Figurent aussi les noms d’anciens fiefs ou de lieux dits.
Pour ceux qui souhaiteraient préciser les indications et pousser les recherches, sur trois colonnes, la liste alphabétique des principales sources concerne :
1. Les manuscrits et documents d’archives au nombre de 48 (pages LXIX à LXXI de l’introduction).
2. Les imprimés au nombre de 151(pages LXXI à LXXIV).
3. Les cartes au nombre de 22 (pages LXXIV et LXXV).

QUELQUES PISTES SUR L’AUTEUR : Antoine Auguste Sabarthès (27 mai 1854 - 19 février 1944), ecclésiastique, écrivain et historien français, spécialiste de la vie du département de l'Aude.  Il publiera plusieurs ouvrages en latin, en occitan et en français (25 publications dont une petite moitié plus historique que "marquée par le fait religieux").
L'Académie des inscriptions et belles-lettres lui décerne la première médaille du concours des Antiquités nationales de la France, pour son ouvrage sur les manuscrits consulaires de Limoux publié en 1930.
C’est bon, à côté de tous ces personnages vénaux et corruptibles qui encombrent la vie publique, de rencontrer des purs si peu intéressés même par une médaille "en chocolat".  (source WIKIPEDIA).
Une biographie plus fournie sur A. Sabarthès est disponible sur http://radiomagdala.blogs.midilibre.com/archive/2013/02/02/l-abbe-antoine-sabarthes.html

photo autorisée flickr.com

dimanche 16 novembre 2014

Fleury dans l'Aude / ET BÉ, ON EN APPREND DES BONNES ! ET SABARTHÈS DANS TOUT ÇA ?

 Azille, canton de Peyriac-Minervois, église paroissiale dédiée à saint Julien et sainte Basilisse. Bourg mentionné dès 878 « In villa Asiliano Superiore territorii Narbonensis ». Si Sabarthès mentionne aussi un ancien Etang d’Azille, desséché au midi du village, il ne dit rien de la chapelle dédiée à saint Etienne-de-Vaissière, non loin de l’Argent-Double, affluent rive gauche de l’Aude. Sabarthès, né à Azille le 27 mai 1854, ne laisse transparaitre aucune faveur pour son village natal.   

 Considère d’abord la chance que nous avons, le miracle devrais-je dire, qui met à notre disposition tant de sources. Te rendes coumpté, par le truchement du téléphone ! Tu as vu le fil, moins espès qu’un fial d’aran... ça parait pas possible. Tu serais à Tuffarel, qu’on en parlait justement hier : surfer en regardant la mer... En théorie, même sur une île déserte, avec des panneaux solaires et une liaison satellite, c’est possible ! Dire qu’il y a toujours des jamais contents comme cet historien de l’Aude, j’ai oublié son nom et c’est pas plus mal, un aigri qui dénigre tous les écrits basés sur l’Internet parce que, pour ce monsieur, si tu ne te déplaces pas aux archives, tes recherches ne sont pas légitimées... Un rat de bibliothèque, tu l’as dit... Et si on lui reprochait, à ce jaloux, dans sa logique à part, de chercher dans les livres et non dans les parchemins, les palimpsestes, les grimoires de peau tannée ? Ah ça y est, ça me revient, c’est celui qui a reproché à Jean Girou, pour son Itinéraire en Terre d’Aude, d’avoir emprunté dans tout ce qui avait été écrit avant. Qu’un averrit (1)! Qu’est-ce qu’il serait si avant lui le reste de l’humanité n’avait pas existé ? Quelle sale mentalité quand même !
Il y a aussi ces grincheux qui ne veulent de « caro de cabro » pour rien au monde, comme si c’était honteux ou indigne ou salissant de garder le contact avec la famille, les amis, le pays...
Revenons à nos moutons, avec Sabarthès qui marque « ferme » alors que nous disons plutôt « campagne » et que les Chroniques Pérignanaises (2), notamment dans leurs recherches sur la population emploient les termes « métairie » et « bergerie » encore des lieux de vie en 1856 mais dont il ne reste désormais que des ruines.
Avant de rentrer dans le détail, une remarque de fond, cependant, relevant du respect que l’on doit à l’humanisme aussi profond que généreux de ces chercheurs tenaces à l’image de notre abbé Sabarthès, un curé mais un ritou d’ouverture, loin de l’étroitesse d’esprit et du prêchi-prêcha d’autres enquiquineurs... Et puis, tu sais bien que rien n’est simple, ni blanc ni noir, nous le disions encore hier. Et si on peut évoquer la violence des idées qui s’affrontent... Tè l’autre jour, à la télé, « Retour à Audierne », je crois, l’auteur du documentaire marqué par une aïeule qui le rejette en tant « qu’enfant du diable » parce qu’il n’est pas baptisé, une version à peine plus aimable que la menace d’être enterré comme un chien ! C’est pourtant allé dans l’autre sens quand il a eu quatre ans au point qu’il garde le souvenir d’une grand-mère aimante et complice qui lui faisait des crêpes dans la cheminée. Excuse-moi si je prends l’exemple d’une Bretagne obscurantiste et si je reste convaincu qu’une piété exagérée amène à l’intolérance et à l’intégrisme... Non non, ce ne sont pas des lapalissades parce que Sabarthès, figure-toi, curé puis chanoine honoraire, donc reconnu par sa hiérarchie, a dû démontrer autant de rigueur dans sa vocation et sa foi que dans ses recherches historiques... alors que ces deux aspects de sa vie, pour ce que j’en sais, n’interfèrent pas dans son analyse d’archives. Cela vaut d’être remarqué plutôt que ces caricature de Rouges partageux, bouffeurs de curés et de Blancs pour Dieu et le Roy contre la Gueuse. Avec Sabarthès, nous avons un curé membre du comité des travaux historiques et scientifiques et officier de l’Instruction Publique... Ça en impose, non ? Et ce n’est pas tout si on considère que ces dictionnaires topographiques, même si seulement une trentaine de départements en sont venus à bout, étaient publiés PAR ORDRE du ministère... Je te laisse comparer avec ce que peuvent produire nos consanguins du ministère de l’Education Nationale, je quiche mais cette administration centrale monolithique depuis l’élection de Mitterand, cette bande d’apparatchiks antédiluviens forment un état dans l’Etat... et ils sont intouchables. Et je peux te dire avant de m’inquiéter davantage que c’est pas bon pour la santé, moi qui me les suis coltinés avant d’être libéré par la retraite, je te rappelle, non sans délectation, le mot de la journaliste Natacha Polony qui malheureusement résume trop bien la faillite dont ils sont responsables, quand elle les traite de « SINISTRES CRÉTINS » ! C’est pas possible de supporter ces réformes sournoises, la malhonnêteté foncière d’une démarche qui fait penser à un packagging de la mafia des banques macarel ! Et puis quoi, qu’est-ce que c’est cette histoire d’ABCD du genre ? Qu’est-ce qu’on va perturber nos gosses avec cette histoire d’identité qui ne correspondrait pas forcément au sexe biologique ? Comme si ce n’était pas assez compliqué de devoir grandir ! Fan caguar ! En plus ils foutent la pagaille avant de prendre la poudre d’escampette, ces rats qui abandonnent le navire pour une autre rente politique, comme député européen par exemple, n’est-ce pas Peillon lango de peilho ? Et la Najat, as paï vist, elle en dit dix fois moins qu’avant sur l’école depuis qu’elle est ministre, maintenant qu’elle profite des ors de la République ! Te desgoutount ! Pauvre France ! Tè, sers-moi un pernod va, que je me remette !
Déjà midi ! Vite, il faut que j’y aille que sinon la femme va me servir la soupe de mourre !

(1) d’après Mistral le verbe « averri » signifie pris en aversion, en dégoût... Je pensais à « habuerit », « il aurait » en latin... mais c’est comme pour « amorri », étourdi, imbécile, nigaud d’après Mistral alors que je ne peux m’empêcher de penser à Amaury, le religieux papiste intégriste qui aurait dit lors du sac de Béziers «Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! » (22 juillet 1209)... doublides pas lou gran masèl de Besiers (le massacre) !
(2) http://chroniquesdeperignan.free.fr/Perignan%20en%20memoire/Page_1.html

vendredi 14 novembre 2014

Fleury en Languedoc / BOUH ! QUE SIOS LOUNG !

Si je n’ai pas trouvé trace d’un concert pour le Onze novembre, j’ai lu que des pièces de théâtre étaient programmées pour marquer le coup. A coup sûr, cela n’est pas pour rien dans ce dialogue avec un alter ego au moins aussi trufarèl que moi... 

Ne pas confondre Tufarel, la campagne ruinée et le trufarel, le moqueur, le taquin...

 
BOUH ! QUE SIOS LOUNG !

Oh ça va, eh ! si tu as du mal à suivre, moi je me comprends té, ça me fait penser à cette jolie parole notée sur le site d'un nommé Marsyas, un provençal très actif pour, entre autres, la parution de poésies en occitan, parce que tout est sous le signe de cette belle parole inscrite dans les mémoires depuis 1935 :

" ESCRIVI COUMO LOU POPLE PARLO, ES PER ACO QUE ME COUMPRENI."

Et c’est d’autant plus touchant qu’on la doit à Alexandre Macabiès (1881 - 1966), un pays, même si entre son clocher et le nôtre il y a le four à chaux et les oliviers. Courtier en vins qui vécut et mourut à Salles-d’Aude, Macabiès nous reste, en effet, pour avoir aimé et écrit en occitan (1).
Tu m’excuseras de passer par Salles alors que je me proposais de monter dans la garrigue pour lou verd-bouisset... Saves pas ço qu’es ? As qu’à agachar ço qu’ei escrit ièr dijou ! Nous en reparlerons sous peu, d’ailleurs, de nos amis Sallois, parce que, comme j’avais tant besoin de changer d’air pour avoir joué au méchant alors que je me vois plutôt en brave bougre... Eh ! je ne t’ai pas demandé de commenter ! Apréi diras que fau d’aloungui ! Qu’est-ce que je disais déjà ? Ah, que sur mes chemins de traverse j’ai encore croisé quelqu’un, un certain Sabarthès, veses un noum pla d’aici... Eh... Je te dirais plus tard qui c’était, un curé au départ... Bref, y’a de temps qu’i mort lo pauré mais en 1912, il a fait publier un DICTIONNAIRE TOPOGRAPHIQUE DU DÉPARTEMENT DE L’AUDE comprenant les noms de lieu anciens et modernes... "lieu" sans "X", soit dit entre nous... Tu te doutes que j’ai de suite noté, non, pas que le « X » mais des fois qu’on trouve le livre sur la toile... Et je te le donne en mille, tu ne devineras pas : en tapant les références, donc, je suis tombé sur le site de la Bibliothèque Nationale de France qui met gracieusement à notre portée les sept cents pages en gros de l’ouvrage... Tu vois que nos impôts ne sont pas toujours mal employés ! Et tu comprends que j’ai voulu aller voir ce qui était dit sur Fleury sauf que tout est barréjé et qu’il faut espépisser alphabétiquement de A jusqu’à Z... Et puis il y a des choses intéressantes sur les reliefs, la rivière et tout le département. Il y a même une commune qui s’appelle La Serpent, te rends coumpté ! et une, pour être précis qui m’a donné l’envie, à propos d'envie, tu savais qu'y en avait une, qui s’écrit avec la majuscule, à Limoux, une ancienne métairie aujourd'hui brasserie, enfin, censé, en 1912. Dé qué, tu parles de limonade ? Non, c'était à Alet, la limonade, tu sais dans les bouteilles exprès... exactement : comme celles du limoncello de cet été... oui avec le joint en caoutchouc, oui de la même couleur que celui des bocaux de tomata. Alors, tu me suis, j'ai vu « Labastide-Esparbairenque », puisque tu le demandes pas, d’où l’envie de chercher la commune qui comporte le plus de lettres ! Laquelle est-ce ? Je ne sais pas ! Cerquo bot toi-même ! Et puis il y a les voisins : Salles, Coursan, Vinassan, Armissan, Cuxac, Ouveillan et même Narbonne du moins pour tout ce qui touche la Clape... Pardon ? Et non, que la Clape, pas davantage... Je ne suis pas Narbonnais, ne m’embête pas avec ça parce que... la ville qui voudrait tout s’accaparer, tu sais que ça ne me plaît pas. N’oublie pas, que même pour le rugby, ils nous ont tiré dans les pattes, jaloux qu’ils étaient du Fleury Olympique... On n’en voit pas le bout, tu dis ? Le bout... ça me rappelle Marcel Pesqui, oui le vieux garçon de la rue du pré... le frère, c'est ça, de Pesqui à côté du café Billès... Et bien, pour les vendanges, l'après-midi, quand n'avio un sadoul, je demandais si le bout de la rangée était loin, et Marcel répondait invariablement " Lou bout ? es traoucat mais gardo lou qué lou cal pas jitar !" Tu vois il suffit d'une blague et tu gardes un sourire à jamais... Le bout ! le bout ! Et pardi, ne demande rien alors plutôt que de faire ouvrir toujours des parenthèses que tu ne laisses pas refermer ! Où j’en étais déjà ? Ah, aux trouvailles possibles sur le village et nos voisins aussi, qu’ils seraient capables de dire qu’on se prend encore pour le nombril du monde ! La suite, tu dis ? La suite au prochain numéro... si tu ne me coupais pas tout le temps ! Déjà midi ? Vite qu’il faut que j'aille au pain, que la boulangerie va fermer !

(1) merci aux Chroniques Pérignanaises qui le citent pour son poème « L’Uèlh Doç » De Pérignan à Fleury p. 207.

Photo : ne pas confondre Tufarel la campagne ruinée avec le trufarel, un moqueur, un taquin...

jeudi 13 novembre 2014

Fleury en Languedoc / MITHRIDATISÉ, OUI, MAIS A QUEL NIVEAU ?

    Certains prétendent que les gens de culture, commodément identifiés en tant qu’intellectuels, vivent plutôt sur une autre planète. Dans une vision grise de la chose, puisque le blanc et le noir intéressent surtout par leurs nuances (1), reconnaissons que l’Histoire et la culture, découlant trop souvent des rapports dominant-dominé, peuvent générer des prises de positions extrêmes. Entre les rêveurs et les virulents, se situent ceux qui, entre les deux, en arrivent à plonger les mains dans le cambouis, s’il faut.
    Ainsi, la diatribe contre Gallimard s’est avérée nécessaire à un moment et dans un contexte donnés. Le problème est qu’à l’image du cambouis sur la peau (2), l’agressivité recouvre la sérénité, les capacités à rêver, à se souvenir. Pour ne pas lâcher le fil qui doit me ramener, par la « Routo de Perpinya » de notre bon oncle Noé, par le biais de nos chansons occitanes, à nos racines, à notre identité, il m’a fallu prendre l’air. 

                                                           Automne au pied de la garrigue.
    
Après les chrysanthèmes, la fête du village et l‘hommage à nos poilus, l’instinct reste de saluer un automne d’avant, un vrai, avec un temps de Toussaint, avec la parenthèse souriante de l’estivet de la Sant Marti. Comme quand j’étais gosse, je me projette aussi vers la féerie promise de Noël, manière de faire l’impasse sur les heures sombres et les hautes fenêtres grillagées du collège. A partir du figuier d’Antoine et du poulailler de Georges, la garrigue appelle. Je veux aller voir, au fond de la combe magique, si le verbouisset rougit déjà ses boulettes de fête.
    Vous le connaissez le verbouisset (3) même si comme moi vous n’aviez pas idée de son nom occitan, même si, comme moi, vous pensiez que cette plante décorative, apparentée à l’asperge, porte des feuilles d’un vert sombre et verni alors que ce ne sont que des rameaux aplatis, des cladodes tordus à la base, terminés par un piquant et sur lesquels s’attache une petite fleur, à peine moins discrète que les feuilles insignifiantes, mais qui donnera la jolie baie rouge vif (4) qui plaît tant. 

                                               Petit-houx.
    
Etonnant, non ?
    Loin de vouloir contrarier feu Monsieur Cyclopède (Pierre Desproges) dans sa minute nécessaire, rien ne doit, malgré tout, nous surprendre... A propos, la chanson de l’oncle Noé connue aussi sous le titre " Lou Païs de Perpignan" ou "de Leridà" ou encore " païs dis amourous" sinon "Lou chibalier fidèl" aurait son origine dans une vieille chanson ardéchoise "Al camin del perboisset"  (Les Vans).
    Stupéfiant, non ?
    Finalement,  c’est si bon de pouvoir encore s’émerveiller en accédant à un monde où les vilenies liées au fric n'ont pas cours... 

(1) une pensée pour le « Carré noir sur fond blanc », tableau de Kasimir Malevitch.
(2) une pensée pour Sébastien Comparetti que j’imagine bien utilisant une mixture alliant de la sciure, du savon noir, de l’huile de lin...
(3) Frédéric Mistral, Tresor dòu Felibrige page 21103 : houx-frelon, le petit-houx « Dòu verd-bouisset lou poumet rouge « A. MATHIEU. Mistral ne mentionne pas « fragon ».
(4) Guide du Naturaliste dans le Midi de la France ,H. Harrant, D. Jarry, Delachaux & Niestlé 1982. Les Romains aimaient ses pousses tendres.

mercredi 5 novembre 2014

Fleury en Languedoc / MISTRAL D’EXTRÊME DROITE ?

" Prouvençau, veici la Coupo
Que nous vèn di Catalan
A-de-rèng beguen en troupo
Lou vin pur de noste plan..."

Sur Agora, sous le pseudo "Isgal" et un avatar au bonnet phrygien, un commentateur a peut-être sciemment terminé son intervention par un "in cauda venenum" ou si vous préférez, un coup de pied de l'âne :

" enfin, n’oublions pas que Mistral était d’extrême droite... "


Vous vous doutez qu'il m'a tarabusté ce commentaire, parce que lapidaire, et dit comme ça, anachronique. J'étais d'autant plus embêté que les réactions sont rares et qu'il ne faudrait pas refroidir les quelques uns qui s'intéressent...
Les jours ont passé quand hier, je crois, une réponse aussi inattendue qu'inespérée, ne pouvant mieux tomber :

" Mistral d’extrême droite ? Ben voyons comme disait l’autre ! Certainement pas malgré des postures tous azimuts, par maladresse, par opportunisme, parce qu’il était facilement influençable aussi.
Vers 1848 il est démocrate-socialiste mais les « néo-jacobins » l’accusent de séparatisme (il est lié avec les Catalans) dans le seul but de disqualifier les républicains fédéralistes. D’où sa sympathie nouvelle pour l’Empire, vite déçue car elle n’amènera pas la décentralisation de la France.
Après la défaite de 1870 et l’esprit nationaliste de revanche, il apparaît comme plus français que provençal pour soutenir les aspirations monarchistes d’un régime pourtant républicain (encore l’idée des provinces du royaume de France).
A partir de 1876, quand les idées républicaines l’emportent sur les monarchistes, en tant que Français face à la menace prussienne, son idée est de promouvoir une fédération latine.
Il a le tort d’être connu et la gauche le combat en tant que figure du monarchisme.
Dans quelle mesure le fait d’être une cible l’a radicalisé au point d’adhérer à une ligue nationaliste anti-dreyfusarde ? Une adhésion qu’il regrettera d’ailleurs.
Il fut l’ami de Roumanille marqué très à droite mais aussi celui de Paul Arène auquel il rendra hommage en publiant, dans l’Aïoli, les lettres de ce dernier du temps de la Commune. Il y a aussi sa correspondance avec Louis-Xavier de Ricard, un communard exilé... Mistral, toujours attiré par le fédéralisme, reste sensible aussi aux aspirations sociales.
Certains voudraient encore accuser Mistral d’avoir un penchant pour la Prusse alors que ce sont des lettrés allemands qui le soutiennent parce qu’EUX savent étudier et défendre la langue d’Oc (Edouard Koschwitz auteur de la première édition critique de mirèio... EN FRANçAIS !)
D’accord pour ses opinions très contradictoires, allant du fédéralisme de gauche à l’échelle européenne, avant 1870, à la reconstitution des provinces françaises par la monarchie mais ne font-elles pas qu'illustrer les incertitudes de la deuxième moitié du XIXème ? Alors, de là à affirmer qu’il était d’extrême-droite, NON !

Et pour donner à réfléchir sur la permanence des contradictions humaines, n’a-t-on pas, aujourd’hui, pour servir un mondialisme au service du capitalisme, des dirigeants socialistes au passé très trotskyste ???"

Le billet est signé "Batrolo"... je me suis emballé un instant croyant que c'était Bartolo, l'immigré de Lespignan, le maçon.
Enfin, les mots de l'un et mes pensées pour l'autre m'ont bien fait plaisir !

 

photos autorisées wikipedia 1 frédéric Mistral. 2 Dialectes de l'occitan d'après F. Mistral.

samedi 1 novembre 2014

LA FRANCE RANCE DES GALLIMARD (II) MÉGALOMANIE ET PERVERSION ESTHÉTIQUE (2)


Enfin, à parler de valeur littéraire « trop rance », nous sommes là pour rappeler la saveur âcre et l’odeur forte qui imprègne toujours les murs de la prestigieuse maison ! Et manière d’entretenir le vernis de la Bibliothèque de la Pléiade, pour persuader notre ami provençal qu’il était plus qu’inconvenant de plonger Mistral dans une notoriété fétide, voyons ce que nous devons contester de la prestigieuse collection. Et si c’est subjectif de ne pas aimer les riches parce qu’ils exploitent les autres, il n’est pas moins illégitime de contester à une coterie dominante les signes ostentatoires d’une présumée supériorité... le talent tel qu’ils le définissent n'excuse rien ! 

Ainsi, la Bibliothèque de la Pléiade a publié Louis-Ferdinand Céline, dont sa correspondance encore en 2009. En 1951 (3), Gallimard a signé avec ce raciste viscéral, cet antisémite aussi violent que notoire, collabo avant l’heure, un contrat de cinq millions de francs... Encore dans le fameux catalogue, Pierre Drieu la Rochelle, "collabo sincère" comme l’a noté Galtier-Boissière et de Gobineau, Joseph-Arthur de, la grande référence racialiste.
Il est vrai qu’artistiquement parlant, nos cuistres prônent que les salops n’existent pas. Sur ce point encore, Antoine porte haut les valeurs de la caste Gallimard : dans l’entretien de 2012 (2), il revendique :

« ... le rayonnement de l’esthétique et de la morale GIDIENNES sur nos pratiques éditoriales (voire sur notre «culture d’entreprise)...»
Sur le plan d’une esthétique autre que littéraire et d’une morale disant qu’il ne faut pas en avoir, rappelons seulement qu’André Gide, égotiste, narcissique, a assumé sa pédérastie.
Mais qui sont donc les salauds ? Sûrement ceux qui réprouvent aussi Donatien Alphonse François de Sade, le "divin marquis" invité depuis 1990 dans une pléiade de deux centaines d’auteurs. 

« ... Sade fut un monstre, un violeur pédophile, une brute dominatrice et ultraviolente, un débris féodal antiféministe et antirépublicain ; son infamie transparaît dans tous ses textes ; son dossier pénal est accablant ; sa célébration continue par toutes sortes d’hagiographes depuis 120 ans est incompréhensible... » http://www.chronicart.com/livres/la-passion-de-la-mechancete/

Concomitamment au mépris injustifié que Gallimard a l’originalité d’afficher à propos de Mistral, nous apprenions la nomination du quinzième Nobel français de Littérature. A cette occasion, l’éditeur, trop modeste, précisa vite que Modiano n’était jamais que son quarantième Nobel... référence à l’épais catalogue sûrement. Peu bavard, il s’est bien gardé d’évoquer l’œuvre de Modiano avec pour cadre le Paris de l’Occupation, de peur, sans doute, de réveiller des fantômes...

« "Vous savez", monsieur Gallimard, le Vaucluse, la Provence où vous aimez bien séjourner, c’est Vincèn e Mirèio. Comme pour Roméo et Juliette ou Chimène et Rodrigue, ce ne sont ni Vérone, ni Séville qui passent avant le dilemme entre le devoir et l’amour. Il faut bien que vous conveniez que l’universalité qui sous-tend ces œuvres ne saurait être contestée (le cas aussi pour Fanny et Marius de Pagnol, heureusement non "pléiadisé", ne vous déplaise). 


Et puis, dédaigner le terroir reviendrait à mésestimer l’origine du monde telle que la vit Courbet... "Vous savez", ce qui est RANCE et EXAGÉRÉ c’est cette image d’un Luberoun (4) contrefait, à laquelle les nouveaux riches de Paris, résidents secondaires, ont contribué. Et si dans les environs, se trouvent les ruines du seigneur de Lacoste, Donatien Alphonse François, pour ne pas le nommer, plus nombreux sont ceux qui viennent ou pensent à cette diversité culturelle qui ne peut que profiter au pot commun.
"Vous savez", tant mieux si Pagnol et Mistral (5) ne sont pas récupérés par votre ethnocentrisme, parisien, arrogant, amoral par ce snobisme RANCE et EXAGÉRÉ qui vous caractérise mais n’est en rien représentatif de la culture française. Frédéric Mistral, deuxième Nobel français de littérature en 1904 pour Mirèio en provençal ne sera pas le 41ème de votre collection ! Tant mieux !
    
(1) soutenus qu’ils sont par l’ignorance des faits, l’esprit de classe et une clientèle riche (60 € pour un ouvrage la Pléiade).
(2) http://www.gallimard.fr/Footer/Ressources/La-maison-d-edition Antoine Gallimard / textes et communiqués / « L’éditeur entre l’encre et l’écran » / Le Débat n° 170 mai-août 2012 (pdf).
(3) cette même année, Gallimard publie Les Deux Étendards de Rebatet alors que le collabo antisémite, initialement condamné à mort, purge encore une peine de travaux forcés à perpétuité (libéré en 1952, il n’aura fait que 5 ans).
(4) Luberon ? Lubéron ? Léberon ? Liberoun ? Luberoun ? Pauvre montagne qui ne sait même plus comment il faut qu’on l’appelle !  
(5) Daudet en fait partie peut-être pour avoir transmis une image parfois caricaturale de la Provence. 



photos autorisées wikipedia : 1) Vincèn e Mirèio par Victor Leydet 2) Mireille, Mistral par Le Petit Journal .  

mercredi 29 octobre 2014

LA FRANCE RANCE DES GALLINACES, DES GALLIMARD ET GALIMATIAS !

 Le pays de certains gallinacés sûrement, de ceux qui braillent fort sur leur tas de fumier... il y en a un qui me houspille sur Agoravox : pour avatar il a une tête de gaulois avec le casque qui va avec... il ne lui manque que la francisque !
Pour ceux qui me font la gentillesse de leurs suggestions, concernant le troisième volet de la France rance, j'ai remplacé mon haut de chapeau :
" Après avoir bien prospéré au cours du XXème siècle, quelles que soient les circonstances, Gallimard reste surtout un faiseur de fric qui s’oppose à la nouvelle opportunité culturelle offerte par l’Internet, juste pour la raison que ce qui est gratuit, c’est du chiffre d’affaires en moins. N’oublions pas que le système traditionnel sur lequel s’arc-boutent les éditeurs installés, verrouille l’expression littéraire : seulement trois centaines d’écrivains vivent de leurs droits d’auteurs tandis que l’indigence de milliers d’autres n’indigne personne. Sur ce point, l’expression littéraire dépend d’abord du sens des affaires et accessoirement du talent alors que sans les auteurs, la filière n’existerait pas... Cette main-mise absolue s’avère d’autant plus intolérable qu’elle s’arroge le droit d’imposer ce qui est beau et bon pour tous, tout en manifestant un vil mépris pour le reste. Cela relève toujours du caporalisme jacobin voulant étouffer le fédéralisme girondin : la place exclusive du français, l’espace refusé aux langues régionales y participent..."

mardi 28 octobre 2014

Mayotte en Danger / QUAND LA SOLIDARITÉ SOULIGNE L’INCAPACITÉ DE L’ÉTAT


Bonjour,

Nous sommes des élèves de 1ère S du lycée Gerard de Nerval à Soissons (02). Nous sommes chargés d’une collècte au nom de l’association « Un cahier, un Crayon » pour les enfants de Mayotte. Ce projet consiste à récolter un maximum de cahiers et de crayons, afin de permettre aux élèves de travailler dans de bonnes conditions. Nous avons créé une page Facebook pour présenter l’évènement. Nous aurions besoin de votre soutien dans le but de faire connaître notre page et donc notre cause.
Pourriez-vous promouvoir notre page en la partageant ? Et peut-être mettre un petit mot de soutien sur notre page ? Cette action nous serait d’une grande aide !

Notre page : https://www.facebook.com/pages/Un-cahier-Un-crayon-Lycée-Nerval-Soissons/1473319276254370?ref=hl

En vous remerciant d’avance,
Cordialement,
Les élèves du lycée Gerard de Nerval.
Un cahier, Un crayon- Lycée Nerval, Soissons
Un cahier, Un crayon- Lycée Nerval, Soissons
Page Facebook de l'événement Un Cahier, un crayon pour Mayotte. Par le lycée Gerard de Nerval de Soissons. N'hésitez pas à partager et à aimer cette page.
Communauté : 301 personnes aiment